Publié le
Mercredi 29 juillet 2020

Conduite du troupeau : les clés pour une bonne maîtrise du parasitisme

Les génisses développent leur immunité protectrice au contact des parasites avant le premier vêlage. “On peut évaluer la mise en place de cette immunité en calculant le TCE, temps de contact effectif.” Il s’agit de la durée totale du pâturage avant le premier vêlage, à laquelle on soustrait les temps de traitements rémanents et les périodes de forte complémentation. “L’objectif est que ce TCE soit supérieur à huit mois avant le premier vêlage pour que l’immunité soit acquise.” Les traitements contre les strongles digestifs ne seront alors envisagés qu’au cas par cas sur ces génisses devenues adultes.

Trois stratégies à envisager

Toute la difficulté est de mettre les génisses au contact des strongles sans qu’elles ne souffrent de maladies ou de perte de croissance. La clé est de maîtriser l’infestation par une bonne conduite du pâturage. En stratégie préventive, limiter l’infestation implique de mettre des génisses dans des prairies saines après une fauche, de les sortir au pâturage tardivement et de les rentrer tôt. Le surpâturage est à éviter, la majorité des larves de strongles se réfugiant dans les cinq premiers centimètres. La stratégie d’évasion consiste à mettre en place des rotations courtes sur au moins trois ou quatre parcelles, associées à un temps de retour supérieur à 30-35 jours.

Egalement, si on adopte la stratégie de dilution, on visera un chargement à l’hectare faible. On alternera des génisses non immunisées avec des vaches immunisées sur les parcelles pour diminuer la contamination des prairies. Complémenter les animaux au pré diminuera l’ingestion de parasites. Il est aussi possible de faire brouter des vaches après des chèvres ou des moutons pour assainir les pâtures.

Et s’il faut traiter

En cas de forte infestation, il devient incontournable de traiter. Mais de manière raisonnée et ciblée. Pas question pour Elsa Gueguen de donner des recommandations type de vermifugation, valables pour tous les élevages. “Même au sein d’un même élevage, les préconisations peuvent varier d’une année à l’autre.”

Des outils tel que Parasit’Sim permettent de prédire les périodes à risques. Une version simplifiée est disponible en ligne sur le site de l’Institut de l’élevage. Et bien sûr, il faut observer les animaux et si possible suivre le GMQ pour repérer les baisses de croissance.

En cas de suspicion d’infestation, des analyses coproscopiques en cours de pâturage seront réalisées pour évaluer le degré d’infestation. A la rentrée à l’étable, c’est le dosage de pepsinogènes dans le sang qui permettra de connaître la charge parasitaire des animaux.

SH

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7 août 2020 - N° 32
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