Publié le
Vendredi 27 février 2015

Comment prévoir et gérer les paddocks ?

Pour la deuxième journée de formation Civam, c'est Baptiste Boré qui a reçu le groupe sur la ferme familiale à La Pommeraye (Maine-et-Loire). Il n'est pas encore agriculteur et prépare son installation pour début 2016. Son objectif est clair : être autonome sur l'exploitation pour diminuer les charges au maximum. “L'herbe est un bon moyen d'avoir un système économe.” Sur les 50 hectares, il prévoit de faire du maraîchage de plein champ avec vente en restauration collective locale (poireaux, pomme de terre et betterave). Et un atelier de vaches allaitantes avec veaux sous la mère et engraissement des bœufs et génisses. Le futur éleveur veut conserver les Rouges des Près mais remplacer les Charolaises et Limousines par des Aubrac. “Elles vêlent seules, sont dociles et font des petites carcasses plus adaptées
à la vente directe.”


Réfléchir la taille 
des parcelles



Dimensionner les paddocks est le thème de la journée. Chaque participant calcule le chargement des surfaces sur son exploitation. Avec un troupeau de 35 vaches, le projet de Baptiste ressort à 1,42 UGB/ha de SFP. La référence du RAD (1) est de 1 à 1,2 UGB/ha pour être autonome, et jusqu'à 1,6 si l'exploitation dispose d'irrigation. Cette référence est à moduler en fonction du bilan fourrager. “Je pourrai réduire les bœufs et augmenter les veaux sous la mère”, réfléchit le futur installé. Il partira finalement sur 30 vaches : un lot de huit proche de la ferme pour allaiter les veaux restés à demeure en bâtiment et un lot de 22 dans des parcelles plus éloignées.
Pour réaliser les paddocks, Anne Marquet indique qu'il faut se baser sur 30 ares/UGB. Dans le cas de Baptiste, le besoin au printemps pour le lot des 22 allaitantes, est de 6,6 ha (22 UGB x 30 ares). Le principe est de disposer d'une base de six paddocks de 1,1 hectare et trois à six paddocks complémentaires de la même taille, pour gérer les aléas de pousse. “Quand la parcelle n° 6 est mangée, si la parcelle n° 1 n'a pas assez repoussé, on passe à la parcelle n° 7, puis la n° 8 si besoin, en attendant que la n° 1 soit prête à être pâturée. Si on ne garde que six paddocks, il ne sera jamais possible de faucher”, prévient Anne Marquet. En fonction de la taille des paddocks, les vaches resteront plus ou moins longtemps (trois à cinq jours), sachant qu'un UGB mange un are par jour.



En pratique sur 
le terrain



Le tour des parcelles permet au groupe de se rendre compte de l'état des prairies (espèces, niveau de pâturage, etc.), de proposer un découpage des parcelles (en fonction des haies, des chemins, des points d'eau, des clôtures), d'imaginer un ordre de pâturage des paddocks, de positionner les points d'abreuvement, mais surtout d'échanger les pratiques et astuces de chacun. Au fil des discussions, le projet de Baptiste s'éclaire. Il pense faire dix paddocks dans lesquels les vaches pâtureraient trois jours. “Plus on a de parcelles, plus on assure la qualité du fourrage”, fait remarquer Anne Marquet. A l'extrême, “si on veut que les vaches pâturent de l'herbe fraîche tout le temps, c'est le système du fil avant fil arrière qui s'impose”.


Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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