Publié le
Vendredi 25 novembre 2016

Comment la morpho est devenue un critère de référence en Prim’Holstein

Cette famille d’éleveurs revient de loin. Il y a quinze ans, “on avait un très bon troupeau, mais en suivant le système français, nos vaches ne vieillissaient pas. On a mis cinq ans à tout détruire, puis quinze ans pour remonter” témoigne Jean-Eudes Meignan. En 2001, il avait 13 ans, il a convaincu son frère et ses parents de repartir à zéro : “Du jour au lendemain, on a inséminé uniquement des semences étrangères, principalement canadiennes. Ce qui me plaisait, c’est que l’accent n’était pas mis sur la quantité de lait, mais sur les bonnes pattes, sur la morphologie fonctionnelle. Clairement, on était regardé de travers par 99 % des gens. Aujourd’hui, on vient me voir” témoigne celui qui est devenu commercial pour Semex. “Les mentalités changent à force de constater que ça marche. La demande est exponentielle.”


Tout sur le lait



“Dans les années quatre-vingt-dix, on était plus axé sur la production” se souvient Benoît Roussel, technicien de Prim’Holstein France (PHF) en Mayenne, depuis 1990 justement. Mais, à l’instar du Gaec Meignan, les éleveurs commençaient à pâtir de cette sélection trop ciblée. “Vous pouvez avoir une vache à 11 500 litres en première lactation, mais si elle a de mauvaises pattes, elle n’ira pas loin.” La race perdait aussi en fertilité, les pourcentages de réussite en IA première s’érodaient dangereusement. Ainsi, “dans les années deux mille, il y avait une prise de conscience. Mais on ne disposait pas encore des outils. Les modèles pour calculer de manière efficace les index fonctionnels n’étaient pas encore arrivés”.



Nouvel Isu



Aujourd’hui, le virage est réalisé. Le calcul de l’Isu a été revu en 2012. “La nouvelle formule met l’accent sur les caractères fonctionnels” explique PHF. De 50 %, l’Inel (lait) est passé à 35 %, laissant plus de place aux index de fertilité (22 % contre 12,5 % avant) et morphologie (15 % contre 12,5 %), etc. Depuis plusieurs années, sur les concours, les juges mettent en avant des vaches qui vieillissent bien, avec de bons pis, un bon bassin, de bons aplombs, bref, une bonne morphologie fonctionnelle. En 2014 et 2015, Prim’Holstein France a réalisé et diffusé des études prouvant qu’un “gain économique non négligeable est obtenu en améliorant la morphologie”. Dans le pointage des vaches, sur la morphologie donc, les meilleures réalisent 1,3 lactation de plus que les moins bonnes. Elles donnent 4,2 kg de lait en plus par jour de vie. La différence de revenu est de 36 €/1000 l.



L’accélération génomique



De plus, la génomie a permis une accélération et une amélioration de la sélection, explique Nathalie Lhotellier, administratrice d’Evolution. “Il y a quinze ans, les catalogues étaient limités. On allait parfois chercher ailleurs. Mais aujourd’hui, on a des produits excellents, les catalogues sont riches. On n’a plus besoin d’aller chercher de la semence américaine” défend-elle. “Des grands gabarits, c’est bien”, lance-t-elle en référence aux stars de concours, “mais nous mettons l’accent sur l’ensemble des fonctionnels, des vaches en bonne santé, qui vêlent bien, des vaches de plus en plus complètes, fonctionnelles et productrices”.


Benoît Roussel défend la quête du “bon équilibre”. Equilibre entre génomie et collecte de terrain. Equilibre sur le profil de la vache. “Il faut trouver le dosage entre courir le 100 m et courir le marathon. Les causes de
réforme sont souvent les cellules et les problèmes de repro. Mais à la base, une vache qui ne produit pas n’intéresse pas les éleveurs.” En sélection, il conseille de ne pas regarder que les points forts : “Il ne faut pas oublier les points faibles. Ne pas avoir de facteur limitant sur une vache, c’est important.”



(1) http://primholstein.com/2015/


ameliorer-la-morphologie-pour-


ameliorer-sa-rentabilite/



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