Publié le
Mercredi 9 septembre 2020

Chantier d’ensilage : assurer l’intendance

Annette Brasseur, la mère de Benoît, vient aider Anne-Sophie à cuisiner pour tous les travailleurs du chantier.
Annette Brasseur, la mère de Benoît, vient aider Anne-Sophie à cuisiner pour tous les travailleurs du chantier.

Sur un chantier d'ensilage réussi, il n’y a pas que le tracteur. Tout le monde est mobilisé, et notamment l’équipe qui gère l'intendance. Témoignage chez Benoît et Anne-Sophie Brasseur, à Sainte-Cérotte (Sarthe).

Les deux semaines d’ensilage de Benoît Brasseur (31 ans) et de son groupe d’entraide reposent aussi sur les épaules de son épouse Anne-Sophie (30 ans). Elle assure son travail quotidien sur la ferme (traite, génisses et veaux, suivi des volailles), la première rentrée de leur petit Léo, mais aussi le repas. Il faut nourrir les six agriculteurs qui viennent aider, le salarié de l’entreprise qui tasse l’ensilage, le stagiaire et son beau-père. “Ça me paraît normal d’offrir le café à tous ceux qui viennent sur la ferme, mais c’est d’autant plus vrai pour l’entraide. Pour eux, je prépare aussi un bon déjeuner, avec entrée, plat, fromage et dessert. Dans la région, il y a surtout des Gaec et peu d’épouses travaillent sur les exploitations, alors parfois ils vont au restaurant” constate Anne-Sophie.

Benoît s’est installé le 1er janvier 2015 hors cadre familial. Bien qu’issus de l’agriculture, ses parents ont fait leur carrière en agroalimentaire. Anne-Sophie, l’épouse de Benoît et ancienne aide soignante, est désormais conjointe collaboratrice. Le couple exploite 80 hectares, 55 vaches à la traite et quatre poulaillers de Loué.

Même sans formation agricole, Anne-Sophie est très impliquée dans l’atelier laitier. Elle s’est par exemple formée à l’acupuncture. Mais durant les ensilages, difficile de penser à autre chose qu’au chantier. Alors qu’elle lui emporte le café du matin dans un thermos pour qu’ils puissent le boire sans arrêter le ballet des bennes, Benoît confirme l’importance de sa présence dans l’ombre de l’ensilage.

S’organiser en anticipant

“Lundi dernier, pour le premier jour d’ensilage sur notre ferme, j’étais seule, alors j’avais tout préparé la veille pour n’avoir qu’à réchauffer, sinon c’était impossible avec tout ce qu’il y a à faire. Mais aujourd’hui, mamie m’aide et elle adore faire à manger pour des grandes tablées” sourit l’agricultrice. Annette Brasseur, la maman de Benoît désormais en retraite, est en effet issue d’une famille de neuf enfants : “Mon mari me dit toujours que j’en fais trop, mais quand vous avez douze personnes à table, il faut prévoir assez” souligne-t-elle en reconnaissant apprécier le côté convivial du repas. Comme Anne-Sophie a du mal à trouver une boulangerie ouverte le lundi, Annette et son mari Joël ont même apporté le pain de Sablé, où ils habitent… à une heure et demie de route.

Ce lundi, c’est salade de chou blanc au fromage et aux lardons avec une vinaigrette de moutarde à l’ancienne, paupiettes et gratin pommes de terre courgettes, fromage, tarte crumble aux poires, raisins et chocolat. “Nous avons préparé les tartes hier soir, Benoît m’a aidée” souligne Anne-Sophie, qui avoue avoir plaisir à cuisiner même si l’exploitation ne lui en laisse pas toujours le temps. Lundi dernier, c’était pain de courgettes au saumon, rôti de porc aux légumes (carottes, haricots verts, pommes de terre), fromage et tiramisu au chocolat. “Je change en fonction de ce que j’ai fait l’an dernier et de ce que j’ai en réserve.”

Yanne Boloh

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25 septembre 2020 - N° 39
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