Publié le
Vendredi 29 mai 2015

Ces agriculteurs se creusent la tête pour ne plus creuser le sol

Les quatre étudiants de BTS Acse du lycée agricole de Laval, à l’origine de cette journée du 21 mai, peuvent savourer leur réussite : plus de 220 visiteurs professionnels l’après-midi et 150 étudiants le matin. Une classe du lycée Rochefeuille a même fait du rattrapage mardi. Le soutien des réseaux de la chambre d’Agriculture et de Base, co-organisateurs, n’y est pas pour rien. Ainsi, Tristan et Alban Guillemain d’Echon ont fait la route depuis la Seine-et-Marne, informés par le canal Base. Ces deux frères sont en transition du TCS au semis direct. Céréaliers et jeunes agriculteurs, “on n’a pas le droit de se planter. Si on perd une tonne à l’hectare, sur 300 ha à 150 €/t, ça fait 45 000 euros !”
“On est venu écouter, trouver des infos pour valoriser les couverts. Avant, ils représentaient une contrainte, aujourd’hui, c’est une nécessité. On prend des idées, mais après, chaque exploitation met en place le système qui lui correspond” témoigne Pierre Tauvry, de Quelaines. Là, un agriculteur Sarthois adepte du semis direct pur est aussi venu de loin pour prendre des idées… “mais pour le moment, c’est plutôt moi qui en apporte”. Après tout, c’est aussi l’intérêt de cette journée : échanger entre collègues.
Ces quelques avis sont à l’image du bilan tiré par Benoît Saget, responsable de Base 53, et hôte de la journée. “Nous avons touché un public large. Certains venaient découvrir, d’autres étaient des connaisseurs, mais ce n’est pas incompatible. Je pense qu’on a pu répondre aux différentes interrogations. Les gens ont encore besoin d’échanger, et moi aussi !” Très sollicité, il présentait les dix ans de résultats de sa plateforme [notre édition du 15 mai].
Sur chacun des stands, un public attentif écoutait les conseillers de la chambre d’Agriculture et les agriculteurs témoins, évoquant la lutte contre les limaces, la réduction des produits phytosanitaires ou encore le bilan d’essais de fertilisation.


L’agroécologie vue du terrain



Pour l’occasion, la chambre d’Agriculture a expérimenté des échanges d’un genre nouveau. Elle a proposé aux agriculteurs, par petits groupes, de réfléchir à l’agroécologie, en exprimant leurs inquiétudes et les moyens qui permettraient de les lever. Cela participe au souhait de l’Etat de co-construire le projet agroécologique avec les agriculteurs. Ces derniers ont écrit leurs idées, les documents seront traités. “On n’est pas sûr de ce que cela peut donner” confie un technicien. Au-delà d’un résultat palpable, les discussions dans les groupes révèlent tout de même une envie et un besoin d’échange forts. Les gens se creusent la tête pour ne plus ne plus creuser le sol, et réussir à gérer leurs couverts végétaux.


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25 septembre 2020 - N° 39
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