Publié le
Mardi 17 juillet 2012

Ce que change la contractualisation chez Bel-Sablé

L'association des producteurs de lait Bel-Sablé a tenu sa première assemblée générale le 9 juin à Auvers-le-Hamon, avec l'ensemble des producteurs Bel-Sablé, adhérents ou... futurs adhérents.Après l'accord du le 26 juin sur un contrat collectif entre les représentants des producteurs et la laiterie Bel, les producteurs doivent maintenant se positionner en signant ce contrat collectif -et de rejoindre l'APLBS, ou rester sur un contrat individuel, c'est-à-dire celui proposé par l'usine au départ. Autre question : se former en OP ou non. Les éleveurs, nombreux ce lundi, voulaient aussi entendre Bruno Casimir­ et Gérard Choquet de l'usine de Sablé­ invités pour répondre à leurs questions.

Contrat individuel ou collectif
Bruno Casimir considère trois cas de figure : “Des producteurs qui ont signé le contrat individuel, (environ 20 % de l'ensemble des producteurs), ceux qui vont signer le contrat collectif, (60 % à l'heure actuelle), et ceux qui ne se sont pas encore positionnés. A ceux-là, nous posons la question : veulent-ils continuer à travailler avec nous après 2015 ?” Tout le monde recevra un courrier pour préciser les choses et demander une réponse claire avant fin octobre 2012, date butoir définitive. Mais les éleveurs voudraient un engagement de leur laiterie sur le prix avant de s'engager. “Je ne veux pas m'engager à produire du lait s'il est payé 200 euros” lance un éleveur dans la salle. “Aujourd'hui le prix du lait est fixé par l'interprofession, et Bel n'entend pas en sortir” répond Bruno Casimir. “Maintenant, que les choses soient claires : si on laisse augmenter la production, en France ou en Europe, de 10 ou 15 % après 2015, ce sera la pagaille et le prix du lait chutera de toute façon.”

Libre concurrence
Pas d'encadrement, donc du prix (avec une limite inférieure et supérieure comme cela a été demandé dans l'assistance). Pas possible non plus pour l'association de prendre en charge la facturation du lait. Si elle avait voulu se constituer en GIE, Bel promettait d'appliquer les règles du commerce et de ne pas prendre, par exemple, tout le lait excédentaire dont le groupe se débarrasse en faisant du beurre-poudre. A noter : il y aura une petite différence de prix selon que le contrat sera collectif ou individuel, “afin de ne pas être suspecté par la DGCCRF d'entorse à la libre concurrence” a indiqué Bruno Casimir. “Pour les contrats individuels, ce sera 100 % de l'index CNIEL appliqué directement et pour les autres ce sera 95 % de l'index. De cette manière, quand l'index baisse, le prix chute un peu moins vite, mais quand il monte, le prix monte un peu moins vite aussi. Sur une année, cela revient au même” assure Gérard Choquet.

Représentation
Le principal changement introduit par la contractualisation est à venir avec la gestion des volumes et leur transmission conjointement par l'entreprise et ses producteurs. “L'Association des producteurs Bel-Ouest produit 400 millions de litres de lait par an. S'il faut passer à 405 ou à 395, l'association se chargera de répercuter ces changements parmi ses adhérents” explique Gille Pousse le président de l'APLBS. “Si un producteur arrête, l'association ré-attribuera la production manquante. Avec les contrats individuels, c'est la laiterie qui gérera les variations de volumes.” La formalisation des relations entre éleveurs et laiterie constitue une avancée pour Bruno Casimir qui demande que “les signataires de contrats individuels forment à leur tour, une association pour avoir, eux aussi leurs représentants”. Quant à choisir entre l’OP ou rester en association, la question a été posée aux adhérents de l'APLBS. La réponse viendra plus tard.

christophe.zapata@aveniragricole.net

Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche