Publié le
Samedi 11 juillet 2020

Bien se protéger contre tous les types de vols

L’application Vigie, développée par la gendarmerie de Maine-et-Loire, permet d’envoyer des messages aux agriculteurs abonnés. Elle sera disponible dans les prochaines semaines pour les agriculteurs de Loire-Atlantique.
L’application Vigie, développée par la gendarmerie de Maine-et-Loire, permet d’envoyer des messages aux agriculteurs abonnés. Elle sera disponible dans les prochaines semaines pour les agriculteurs de Loire-Atlantique.

Chaque année, 8 000 vols sont commis dans les exploitations agricoles en France. Des chiffres en baisse constante depuis cinq ans, mais les types d’infractions évoluent.

Ce que l’on vole dans les exploitations

Du carburant aux câbles en passant par les GPS, on vole de tout, dans les exploitations agricoles, et en général de nuit. Pas moins de 92 vols de GPS ont été déclarés depuis le début de l’année en France, dont cinq en Pays-de-la-Loire. Récemment, des terminaux de commande de pilotage sur des pulvés automoteurs ont été dérobés en Maine-et-Loire.

Dans le secteur de Saumur, des vols de batterie ont été constatés. Il y a quelques semaines, ce sont sept cardans qui ont été volés au cours d’une même nuit sur une même exploitation de Maine-et-Loire.

Tout ce qu’il y a dans un hangar peut intéresser les voleurs : ferraille, câbles, matériel en tout genre et pas seulement mécanique. Ainsi, dans le secteur limitrophe de la Loire-Atlantique, pas moins d’une soixantaine de moutons ont été volés entre le 17 mars et le 18 avril dernier sur sept exploitations (lire aussi notre témoignage en page 14). Un dispositif spécifique a dû être mis en place par la gendarmerie, avec le survol de la zone par un hélicoptère durant deux nuits.

Les vols évoluent, aussi. " Avant, on volait du carburant sur les pompes d’irrigation à moteur thermique, et maintenant, quand les pompes sont électriques, ce sont des câbles qui sont volés ", observe le lieutenant-colonel Jean-François Barette, au groupement de gendarmerie de Maine-et-Loire.

Comment éviter les vols

Pour réduire les risques de vols, il convient d’abord de limiter les tentations. Autrement dit, ne pas laisser le hangar ouvert, et fermer tous les accès à l’exploitation (portails) quand c’est possible. " Retirez les clés sur les engins et fermez les machines ", rappelle le lieutenant-colonel Jean-François Barette, à la gendarmerie de Maine-et-Loire. Quand les machines sont stockées pour le week-end, éviter de faire le plein le vendredi soir.

Pour piéger les voleurs, il existe une batterie de solutions et matériels. L’éclairage de détection, par exemple, peut à la fois dissuader le voleur et alerter le propriétaire. Les systèmes d’alarme sont de moins en moins onéreux et assez efficaces. Les caméras de vidéo-surveillance sont également efficaces, si elles sont placées en hauteur. Dans le Saumurois, la compagnie de gendarmerie avait conseillé aux agriculteurs de s’équiper de pièges photos, après une série de vols de batterie. Un appareil prend automatiquement une photo en infrarouge dès que la cellule détecte un mouvement. Cela coûte 100 à 200 euros, mais c’est parfois utile pour aider la gendarmerie à interpeler le voleur.

Contre les vols de machines, " installer des GPS de suivi permet de les retrouver si elles sont volées ", préconise le lieutenant-colonel Barette.

En tout cas, quel que soit le vol constaté, " il faut toujours déposer plainte ", rabache l’officier adjoint au commandement. " Si on arrive à trouver le voleur, cela permettra d’être indemnisé et de faire passer le voleur devant la justice ". Un rendez-vous peut aussi être programmé pour ce dépôt de plainte.

Une appli pour prévenir

En Maine-et-Loire, un stagiaire polytechnicien à la gendarmerie a développé une application, " Vigie ",  pour informer les agriculteurs de risques de vols. Ce sont quelques dizaines de messages qui sont envoyés chaque année aux quelque 300 abonnés. Conseils de vigilance, mais aussi information lorsqu’un vol est commis dans une exploitation. Cela permet de redoubler de vigilance et d’éviter qu’un délit ne se transforme en série de délits. L’abonnement est gratuit, il suffit de passer par la chambre d’agriculture ou le syndicat FDSEA. L’offre va être disponible dans le courant de l’été aux agriculteurs de Loire-Atlantique.

Antoine Humeau
Les tendances dans la région

• Baisse en Maine-et-Loire de 16 % sur début 2020

Les faits de délinquance dans les exploitations agricoles ou hangars de Cuma avaient diminué de 3,7 % l’an dernier par rapport à l’année précédente. Cette tendance à la baisse s’accélère. Sur les cinq premiers mois de l’année 2020, on a enregistré une diminution de 16 % par rapport à la même période de l’année précédente. “C’est la conséquence directe du confinement, les gens étaient enfermés chez eux et nous étions davantage sur le terrain, la délinquance a baissé partout, pas seulement chez les agriculteurs”, tempère le Lieutenant-colonel Jean-François Barette, chargé de la prévention au groupement de gendarmerie de Maine-et-Loire.

• Sur 2019, pas loin de 500 faits en Loire-Atlantique 

En Loire-Atlantique, peu d’infractions qui relèvent du pénal. Un homme a tout de même été condamné en mai à un an de prison ferme. Une première. Il a reconnu être l’auteur de plusieurs vols d’agneaux et de cochons.

En 2019, la gendarmerie a relevé 425 faits d’atteinte aux biens qui concernent le monde agricole, en augmentation de 5 %. Cela représente moins de 2 % de l’ensemble des atteintes aux biens.

Dans ce département où un “observatoire de l’agribashing” a été installé en janvier dernier, seules trois infractions en lien avec des actions de dénigrement de l’activité agricole ont été retenues l’an dernier.

• En recul en Mayenne sur les six premiers mois de 2020

En Mayenne, le groupement de gendarmerie départemental enregistre une tendance à la baisse, l’épisode coronavirus peut l’expliquer en partie. Sur les six premiers mois de 2020, 35 atteintes aux bien agricoles ont été déclarées, dont quatre cambriolages (avec effraction). Sur les six premiers mois de 2019, ces chiffres étaient de 48 atteintes et trois cambriolages. En 2020, deux véhicules ont été déclarés volés.

Le journal
30 octobre 2020 - N° 44
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