Publié le
Vendredi 25 septembre 2020

BeefAlim : l’efficience alimentaire des JB passée au crible

Le troupeau charolais de la ferme expérimentale des Etablières (Vendée) a servi de support à l'étude BeefAlim, comme ceux
Le troupeau charolais de la ferme expérimentale des Etablières (Vendée) a servi de support à l'étude BeefAlim, comme ceux de Mauron (Morbihan) et Jalogny (Saône-et-Loire), ainsi que la station auvergnate de l'Inrae de Theix.

Depuis 2015, le programme multi-partenarial BeefAlim compare, pour la voie mâle, l'engraissement de taurillons nourris avec deux régimes contrastés : maïs et herbe. Si les consommations moyennes sont proches entre les deux, de fortes variabilités sont liées aux qualités de fourrages : plus ou moins 1,5 kg/MS jour.

Le dispositif mâle de l'étude BeefAlim porte sur environ 660 JB charolais de trois stations chambres d'Agriculture [lire encadré]. Ils sont issus principalement de 24 taureaux et engraissés sur deux régimes contrastés. Les prestataires de génétique (Allice, Gènes Diffusion et Charolais Univers) sont associés à BeefAlim, qui bénéficie du soutien financier du Casdar.

“En bovins viande, le coût alimentaire représente jusqu'à 30 % du coût de production hors main-d'œuvre pour un naisseur engraisseur. Avec 450 euros pour engraisser un JB, un gain de 5 % d'efficience alimentaire EA permet un gain de 23 % par animal”, indique Clément Fossaert, chargé d’étude production viande bovine à l’Institut de l’élevage.

Contrastés sur leur composition mais comparables dans les apports

Le régime amidon (65 % de maïs, concentré blé - soja) et le régime cellulose (56 % d'herbe et 22 % de pulpe de betterave) sont contrastés sur leur composition mais comparables dans les apports. L'objectif de qualité n'a pas toujours été atteint avec l’ensilage d’herbe du fait d'une forte hétérogénéité dans la qualité de la récolte. Il faut viser une récolte au stade 10 cm, avec 35 - 40 % de MS, plus de 0,85 UFV kgMS et une MAT (matière azotée totale) supérieure à 14 %. Ces critères n'ont été atteints que dans la moitié des cas.

“En moyenne, avec un régime à base de maïs ou d'herbe, des consommations comparables ont été observées. Avec plus ou moins 500 grammes/jour, les performances ont été impactées par les qualités d’ensilage.” Dans les deux cas, et à même poids de carcasse, les qualités de carcasses sont comparables : rendement, pourcentage de gras et conformation.

Fortes variabilités individuelles dans les deux régimes

La CMJR (consommation moyenne journalière résiduelle) montre que les animaux efficients consomment moins avec des croissances dans la moyenne du groupe, ce qui induit une baisse du coût alimentaire dans les deux lots. Le GMQR (gain moyen quotidien résiduel) donne des animaux un peu plus légers en début d’engraissement, avec de fortes croissances, mais avec une consommation qui se situe dans la moyenne du groupe.

“Pour un même GMQ de 900 g/jour, on obtient des efficiences alimentaires (EA) qui varient de 0,19 à 0,14, avec des ingestions de 9 à 12,5 kg MS/j. L'EA brute est meilleure pour le régime maïs : + 160 g GMQ et + 10 % d'EA.”

BeefAlim montre que des effets génétiques sont encore à approfondir. Si la tendance générale est à un même classement des pères sur des deux régimes, quelques rares cas montrent que le classement diffère, ce qui peut être le signe d'une interaction entre la génétique et le régime étudié.

Christian Evon

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23 octobre 2020 - N° 43
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