Publié le
Vendredi 3 juillet 2020

Augmenter la production d’herbe en été avec les mélanges d’été

Le pâturage de la luzerne a permis de préserver les prairies de printemps tout en maintenant la production des vaches laitières avec une flore de qualité qu’apporte la luzerne. (Sur la photo de la luzerne à Pré-en-Pail)
Le pâturage de la luzerne a permis de préserver les prairies de printemps tout en maintenant la production des vaches laitières avec une flore de qualité qu’apporte la luzerne. (Sur la photo de la luzerne à Pré-en-Pail)

Afin de pallier la baisse de croissance estivale prévisible des prairies permanentes ou des prairies à base de graminée printanières et légumineuses, le recours à l’utilisation de mélange plus productif en été est une option. Comme toute prairie, il s’accompagne d’avantages et d’inconvénients à prendre en considération pour la mise en place de telles cultures.

En Pays de Loire, l’implantation de mélange d’été permet de soutenir la production d’herbe printanières et de subvenir aux besoins potentiels suivants :

- Maintenir une ration à bas coûts et de qualité pour les vaches laitières,

- Soutenir la croissance de bovins ou ovins sevrés pendant l’été,

- Finir des ovins ou bovins au pâturage.

Systématiquement, ce surplus de production estivale se fait au détriment de la production printanière et d’hiver, réduisant ainsi la durée du pâturage.

Des options multiples pour un mélange estival

Les plantes pâturables performantes l’été sont bien connues et largement utilisées dans les pays pratiquant intensivement le pâturage. Ces plantes ont la particularité d’être dotées de racines profondes ou pivotantes, leur facilitant l’accès à l’eau. Elles ont aussi la faculté de pousser avec des températures allant jusqu’à 35 °C.

Les options sont : la chicorée, la luzerne en veillant à utiliser une variété pâturable, le plantain, le trèfle violet pâturable. Afin de les intégrer dans l’assolement, il est important de veiller à associer chacune de ces plantes de façon cohérente. Du fait de leur courbe de pousse si particulière, elles s’associent mal avec des plantes printanières type graminées.

• Quelques exemples d’associations

Les combinaisons cohérentes de plantes peuvent être : luzerne pâturable et plantain ; plantain et trèfle violet ; chicorée, trèfle violet, plantain et trèfle blanc. Le type de sol, l’intégration dans la rotation et le mode de récolte auront un impact sur les mélanges à privilégier.

Utiliser une luzerne pour le pâturage

Sur une exploitation de Mayenne, avec un creux estival d'un mois et demi, il a été décidé d’utiliser 13 ha de luzerne auparavant destinés à la fauche pour compléter la ration de pâturage des 200 vaches laitières en été. Avec 73 ha accessibles, les 60 autres hectares, sont composés de prairies à dominante de RGA-TB. L’an dernier, la luzerne a été pâturée à partir de fin juin et a assuré 50 % de la ration de 120 vaches laitières car les vêlages d’automne étaient taris.

Cette année, c’est dès début juin que les vaches ont entamé le pâturage de luzerne pour pallier le manque d’eau printanier. De cette manière, la ration a pu être maintenue avec 100 % d’herbe pâturée depuis le 15 mars jusqu'à maintenant. Le pâturage de la luzerne a permis de préserver les prairies de printemps tout en maintenant la production des vaches laitières avec une flore de qualité qu’apporte la luzerne. La luzernière fournira ensuite 50 % de la ration.

Au 26 juin, 6 000 l/ha, soit 60 % de l’objectif, ont été produits avec une ration composée de 90 % d’herbe pâturée. Avec cette méthode de pâturage et l’organisation de production mise en œuvre, 10 000 l/ha seront produits avec un ratio EBE/produit de 50 %.

Afin d’obtenir plus d’informations sur l’optimisation de la production au pâturage et l’utilisation de mélanges estivaux, vous pouvez contacter Guillaume au 07 52 62 84 36 ou Thibault au 06 36 12 80 67, consultants sur la zone Pays de Loire PâtureSens.

Guillaume Baloche, PâtureSens
Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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