Publié le
Mercredi 26 août 2020

Assurance récolte : se poser les bonnes questions

Un tiers des exploitants agricoles en grandes cultures ont souscrit une assurance récolte cette année, selon Antoine de la Brosse, chargé de clientèle dans le pôle amont de Bessé groupe.
Un tiers des exploitants agricoles en grandes cultures ont souscrit une assurance récolte cette année, selon Antoine de la Brosse, chargé de clientèle dans le pôle amont de Bessé groupe.

Un tiers des exploitants agricoles en grandes cultures ont souscrit une assurance récolte cette année, selon Antoine de la Brosse, chargé de clientèle dans le pôle amont de Bessé groupe, courtier en assurances. L’augmentation des aléas climatiques incite à se poser des questions sur sa couverture assurantielle même si les Pays de la Loire sont plus tempérés que d’autres régions. Interview.

Pourquoi prendre une assurance récolte ?

Sur chaque exploitation, au moins une culture est impactée au moins une fois par un aléa climatique. Et les événements se multiplient, souvent avec plusieurs épisodes de sécheresse et/ou plusieurs épisodes d’excès d’eau dans la même campagne. Les phénomènes extrêmes deviennent plus fréquents. Pour un prix par hectare équivalent à celui d’un traitement, le producteur peut protéger son revenu. Mais se sécuriser via une assurance privée n’est pas encore complètement intégré en France. Et les outils sont perçus comme complexes. Le premier réflexe à avoir est d’analyser ses risques et l’impact des aléas sur sa trésorerie. Il est aussi intéressant d’en discuter avec sa coopérative, son négoce, son groupement, le référent de la chambre d’agriculture voire son centre de gestion.

Qui a le plus besoin d’assurance récolte ?

Il existe autant de situations vis-à-vis d’une assurance récolte que d’exploitations, sachant qu’il existe d’autres moyens de se protéger: c’est typiquement le cas des filets anti-grêle pour un arboriculteur ou des réchauffeurs de vigne contre le gel. Les agriculteurs avec une culture très dominante voire exclusive et qui ne peuvent donc pas mutualiser les risques sur leurs surfaces sont probablement les premiers intéressés. Et certains agriculteurs n’ont pas vraiment le choix comme les investisseurs et les JA, engagés financièrement. Les organismes prêteurs leur imposent en effet de plus en plus souvent d’assurer leurs récoltes pour garantir leur revenu et, donc, leurs remboursements. 

 Quels sont les types d’assurance récolte ?

Le premier contrat de ce type, proposé à l’initiative des agriculteurs, existe depuis 1880. Il s’agit du contrat “grêle et tempête”. Depuis 2009, des contrats “multirisques climatiques” plus larges, couvrent 14 aléas comme l’excès d’eau ou de chaleur, le gel,… Avant, le FNGRA, fond national de gestion des risques agricoles, pilotait les indemnisations de manière forfaitaire par hectare. Il était déclenché par arrêté préfectoral. En 2009, la Pac a donné aux Etats la possibilité d’actionner les leviers des assurances privées, individuelles. Un fond abondé par l’Etat et l’UE aide les agriculteurs à payer cette assurance, à hauteur de 65%. L’assureur proposant cette assurance subventionnée doit suivre un cahier des charges. Les céréales et la viticulture sont les principales productions assurées de cette manière. L’arboriculture, dont les deux risques sont le gel et la grêle, est restée dans le FNGRA en raison du montant très élevé des franchises.

Certains assureurs ont également lancé de nouvelles assurances comme l’assurance prairie, qui ne sont pas encore tout à fait au point.

Existe-t-il aussi des assurances collectives ?

Deux nouvelles familles d’assurances récolte émergent depuis 10 ans. Un organisme collecteur qui veut sécuriser une production spécifique peut ainsi soutenir une assurance groupe en contrepartie du respect d’un cahier des charges. C’est le cas pour la production de semences par exemple ou pour des cultures à risque ou moins rentables que le collecteur voudrait implanter dans un territoire.

Les assurances paramétriques ou indicielles, les plus récentes, fonctionnent complètement différemment. Elles sont pour l’instant surtout le fait de groupements de producteurs, et principalement en viticulture. L’assureur déclenche en effet une indemnisation quand un indice est atteint par exemple, le fait que la température passe entre -1 à 0°C entre le 1er le 15 avril. L’indemnisation sera plus élevée sur la température passe sous les -1°C, etc…. Ces assurances concernent surtout les cultures qui souffrent d’un nombre limité d’aléas. 

Yanne Boloh

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23 octobre 2020 - N° 43
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