Publié le
Jeudi 20 août 2020

Après l’explosion au Liban, les sites français sous surveillance

Le site d’Union ferti Mayenne à Laval est classé Seveso (photo d’archives).
Le site d’Union ferti Mayenne à Laval est classé Seveso (photo d’archives).

La gigantesque explosion qui s’est produite dans le port de Beyrouth (Liban), due au nitrate d’ammonium, a ravivé en France des souvenirs douloureux. C’est en effet ce même engrais, l’un des plus utilisés au monde, qui avait causé le drame de l’usine AZF, à Toulouse, en 2001, entraînant la mort de 31 personnes et faisant 2 500 blessés.

A Montoir-de-Bretagne, à proximité de l’estuaire de la Loire, l’usine d’engrais azotés Yara, classée Seveso seuil haut (niveau 3), cristallise toutes les craintes. Elle stocke et achemine un peu partout en France, principalement dans le grand Ouest, des nitrates, du CO2 et des engrais NPK.

Propriété d’une multinationale norvégienne, l’usine est dans le collimateur de l’Etat depuis 2011. Elle dépasse en effet continuellement les seuils en termes d’azote et de phosphore qui sont rejetés dans la Loire et émet jusqu’à deux fois plus de particules en suspension dans l’atmosphère (200 t/an) que les quantités autorisées.

Pas moins de cinq mises en demeure

La préfecture de Loire-Atlantique a adressé cinq mises en demeure à Yara depuis octobre 2019 pour sa non-conformité aux normes environnementales et son déficit de sécurité. L’industriel s’expose à des poursuites pénales. Depuis deux mois, le site est concerné par trois nouveaux arrêtés préfectoraux pour non respect de normes environnementales et de traitements insuffisants de ses eaux usées. Mi juin, 150 personnes (militants, associations et agriculteurs) se sont rassemblées devant les grilles pour dénoncer la pollution et la dangerosité des produits qui sortent de l’usine.

En Loire-Atlantique, trois sites stockent du nitrate d’ammonium mais seul Yara est classé Seveso seuil haut. Il en existe aussi en Mayenne (Union Ferti Mayenne, à Laval) et en Sarthe (Agrial, à Saint-Germain-sur-Sarthe). Au total, la région dénombre 28 sites industriels classés Seveso seuil haut, dont neuf en Loire-Atlantique.

Christian Evon
Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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