Publié le
Vendredi 13 juin 2014

André Le Du, éleveur laitier à Brihec (Fi

André Le Du,
éleveur laitier à Brihec (Finistère) est président de l'association des amis des filtres à lait, qui tenait son assemblée générale mardi 10 juin à Angers.

Que défend votre association ?
Nous voulons pouvoir utiliser les filtres à lait sans risque d’être placé en garde à vue. Cela fait trente ans que j'ai des cellules, on est souvent à la limite de non-collecte. J'ai appris il y a quatre ans que ces filtres existaient, j'en ai acheté un. Ils sont composés d'un tube en inox d'un mètre de haut avec une cartouche permettant de retenir toutes les particules de plus de 8 microns.
Pourquoi est-ce si sensible ?
C'est l'omerta, les gens n'osent pas dire qu'ils ont des problèmes de cellules somatiques. Et les utilisateurs n'ont pas envie de se voir confisquer les filtres.
Pourquoi est-il interdit d’en avoir sur son exploitation ?
La Direction générale de l'alimentation (DGAL) nous a répondu que filtrer le lait revenait à falsifier le produit. Une filtration ou centrifugation nuirait à la sécurité alimentaire. Mais pourquoi est-ce dangereux quand les éleveurs le font et pas quand ce sont les laiteries ? Pourquoi peut-on filtrer en deçà de 70 microns en vente directe et non si on vend son lait aux laiteries ? Avant le 1er janvier 2013, il y avait un vide juridique. Désormais, c’est passible de 4 500 € d'amende et de trois mois d'emprisonnement maximum.
Que soupçonnez-vous ?
L'administration est préoccupée par la sécurité alimentaire. Mais pour les industriels, c'est une affaire d'argent. Les pénalités, c'est 3 €/t de lait en moyenne. Mais il y a aussi le manque à gagner. Au total, cela se chiffre à 30 €/t. Cela représente 70 millions d’euros en France ! Du côté du para-agricole, ils craignent un relâchement sur le sanitaire si les producteurs s'équipent. Mais on est vite rattrapé par le sanitaire, si on se relâche !
Que réclamez-vous ?
Il faut changer la réglementation pour que l'on puisse utiliser les filtres sur nos exploitations. L'objectif c'est évidemment de ne plus avoir de cellules. Il faut donc des plans d'accompagnement des éleveurs pour vérifier les équipements, analyser et comprendre les causes exactes.
“Il faut changer
la législation sur
les filtres à lait”

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