Publié le
Vendredi 1 février 2013

Allemagne : l’export, moteur en lait et en viande bovine

Leader européen de la production laitière en 2011 avec une collecte de 29,3 millions de tonnes (24,6 Mt en France), l’Allemagne profite de son industrie performante pour tirer l’ensemble de la filière. D’après l’Institut de l’Elevage, l’organisation territoriale des laiteries leur permet d’avoir des coûts de collecte inférieurs de 3€/tonne aux laiteries françaises. Le nombre de produits fabriqués étant aussi plus réduit et de moins bonne qualité qu’en France, les coûts de transformation sont plus bas de 15€/t par rapport à la France.
L’industrie allemande est aussi stratégiquement tournée vers l’export : les ventes à l’étranger représentent 46% de la production laitière allemande (principalement vers l’UE et la Russie). Mais cela expose l’Allemagne aux fluctuations des cours mondiaux : le prix du lait payé au producteur est ainsi tombé bien plus bas que le prix français en 2010, même s’il avait atteint des sommets autrement plus élevés en 2008.


Une politique de soutien forte



Pour faire fonctionner cette industrie, l’Allemagne a donc besoin de dynamiser sa collecte par des politiques fortes de soutiens publics, de fiscalité et de succession. Les usages en termes de succession, qui favorisent l’héritier principal, permettent de maintenir des exploitations non morcelées. Les aides à l’investissement sont ciblées sur les grands élevages. De plus, les exploitants peuvent choisir un régime fiscal”au forfait” : ils peuvent vendre à un taux de TVA supérieur à celui appliqué à leurs achats et conserver la différence.


L’Allemagne a aussi assuré sa position de leader de la production grâce à une politique de maîtrise des volumes diamétralement opposée à celle de la France. En 2008, producteurs et industriels allemands ont tenté de compenser la forte chute du prix du lait en augmentant la production, ce qui s’est traduit par une stabilisation du cheptel. Avec l’amélioration des prix en 2011, le troupeau national est reparti à la hausse. L’Allemagne peut aussi compter sur un rendement record de son cheptel. La productivité par tête de bétail et par an atteint les 7 200 litres en moyenne (contre 6 625 litres en 2011 en France), même si les disparités restent fortes entre le Sud (6 350 litres), le Nord (7 510 litres) et l’Est (8 510 litres).


Les éleveurs allemands profitent par ailleurs d’un prix garanti sur 20 ans pour le rachat d’électricité produite à partir d’un méthaniseur. Sur les 7 500 digesteurs que compte l’Allemagne en 2012, 60% sont dans des exploitations laitières. Mais plus de 850 000 ha de maïs ensilage partent désormais dans les digesteurs, soit 40% de la surface nationale. Cela a deux conséquences : l’abandon de la production laitière au profit du biogaz, mais aussi une flambée du prix du foncier.



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