Publié le
Vendredi 2 décembre 2016

Agriculture de conservation, que maîtrise-t-on vraiment ?

Ainsi, le premier pilier de l’agriculture de conservation est la couverture continue des sols, notamment via les intercultures. “L’idéal est un sol couvert en permanence mais c’est compliqué. Dans un premier temps, il faut couvrir de manière temporaire et avec l’expérience tendre
vers cet idéal.”
Le deuxième principe consiste à diminuer, voire supprimer, le travail du sol pour respecter sa structure naturelle. “Il s’agit de produire beaucoup de matière organique et d’éviter de la déstocker par trop de travail.” L’agriculture de conservation s’est beaucoup basée sur le semis direct mais “si le sol n’a pas retrouvé une structure et une fertilité correcte, vous risquez d’aller à l’échec”. Idem avec le striptill, “si le sol n’est pas performant, les problèmes vont se concentrer sur la ligne de semis”. La première étape est donc de “redémarrer le sol, ce qui peut prendre entre trois et cinq ans”.
Dernier point, la diversité dans la rotation en alternant les cultures d’hiver et de printemps “pour gérer notamment le désherbage”. Cela passe aussi par les associations de cultures et les cultures dans des couverts
végétaux ou avec des arbres.
Si TCS signifie techniques culturales simplifiées, “ça veut aussi dire technique compliquée de semis !” D’où l’importance d’expérimenter en réseau, d’échanger et surtout “de ne pas rester seul dans son coin”.


Les trois piliers



Ce que l’on maîtrise



“Avec du matériel très simple, on peut faire des choses très bien, comme semer un blé dans un couvert, juste avec une bêche roulante.”


Le colza associé à des légumineuses donne aussi de très bons résultats : “Des sols plus propres, une production de matière organique, un apport d’azote, moins de ravageurs, et des rendements équivalents.” Pour autant, il y a quelques règles à respecter : produire un maximum de biomasse à l’automne, et avoir un colza qui prend le dessus au printemps, “donc pas de vesce mais plutôt des féveroles”. Le sarrasin dans un colza apporte aussi satisfaction. Matthieu Archambeaud prône même les comportements opportunistes : “Semer un colza associé, le conserver s’il est beau, dans le cas contraire, semer un blé dedans.” Changer son assolement ne doit pas être un frein !


Les céréales associées se développent également. Exemple, un blé avec de la vesce, du colza et du trèfle incarnat. “Après un antidicot à la sortie d’hiver, il ne reste plus que la graminée.” Semer un blé en direct dans un trèfle blanc qui était plante compagne du colza est une autre stratégie, “à condition de contrôler le trèfle au printemps avec un herbicide”.


Autre exemple, semer dans une luzerne, un mélange fourrager qui va se développer en hiver. “Le mélange assure une première coupe, garde la luzerne propre et restructure le terrain.”



Ce que l’on essaie



En revanche, un semis de maïs sous couvert de trèfle blanc est compliqué à piloter à cause de la forte concurrence jusqu’au stade 6 - 8 feuilles. “Là, c’est de la haute voltige ! Je ne vous le conseille pas.”


En blé, un semis précoce favoriserait le tallage. “On a obtenu de bons résultats cette année avec des semis au 15 août en même temps que le couvert.”


La réintroduction de l’élevage dans les systèmes céréaliers est aussi à l’étude. “Quand une céréale est pâturée à l’automne, elle talle mieux. De plus, les moutons fertilisent, suppriment les feuilles malades, et le piétinement des sabots régule les campagnols et les limaces.”


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