Publié le
Vendredi 24 juillet 2015

600 millions pour sauver l’élevage

Au quatrième jour de mobilisation, et alors que de nouveaux points de blocage continuaient d'apparaître, le gouvernement a tenté d'éteindre l'incendie avec un plan d'aide sans précédent pour sauver l'élevage. Acté en Conseil des ministres, il a été présenté par Stéphane Le Foll et Manuel Valls. “Il faut consommer de la viande française, car elle est de qualité”, a rappelé le Premier ministre.


“Faire en sorte
que les prix remontent”



Le médiateur des relations commerciales agricoles a rendu un rapport mardi soir, qui identifie différents types d’opérateurs, de segments de marché et des débouchés, où les hausses de prix n’ont pas été réalisées au niveau prévu et les leviers à mobiliser pour poursuivre la revalorisation des prix notamment en viande bovine. “Je me refuse à désigner tel ou tel qui ne respecterait pas les accords”, a répété Stéphane Le Foll. “Ma responsabilité, c'est de faire en sorte que les prix remontent.” C'est justement là-dessus que les éleveurs l'attendaient et les prochaines actions devraient cibler les industriels qui ne respectent pas l'accord.


“L’Etat engagera avec les banques une restructuration de l’ensemble des dettes à moyen et long terme des éleveurs en difficulté, en particulier les jeunes et récents investisseurs”, a expliqué le ministre. Cette restructuration s’appuiera notamment sur une prise en charge par l’Etat des charges financières des éleveurs les plus en difficulté dans le cadre du fonds d’allégement des charges, qui sera porté à 50 M€. Dès le mois de février, un premier train de mesures portait sur 8 millions. Depuis, les cellules d'urgence coordonnées par les préfets identifient les éleveurs les plus en difficultés. Le 17 juillet, le ministre a réuni les banques pour leur demander de mettre en place des solutions de restructuration de leurs dettes bancaires à moyen et long terme.



Dettes bancaires et dettes fournisseurs



La Banque publique d’investissement pourra garantir jusqu’à 500 M€ de crédits bancaires de trésorerie aux exploitations d’élevage pour faire face à l’ensemble de leurs besoins de trésorerie, notamment les créances vis-à-vis des fournisseurs (fabricants d'aliment). Pourront être garantis par ce fonds les nouveaux financements amortissables, à moyen ou long terme, permettant le renforcement du fonds de roulement, la consolidation des crédits à court terme ou encore le rééchelonnement des encours de crédit moyen ou long terme. La durée de la garantie sera égale à la durée du crédit, c’est-à-dire comprise entre deux et sept ans.


De plus, les éleveurs les plus en difficulté pourront demander le report sur 2016 de leurs cotisations personnelles et employeurs de sécurité sociale pour les échéances à venir d’ici fin 2015, et le cas échéant pour les dettes ou impayés déjà constatés. Au total, ces mesures de trésorerie représentent un soutien de plus de 600 millions.


Les actions de promotion des filières viande bovine, porcine et produits laitiers seront soutenues à hauteur de 10 M€. Les contrôles de la DGCCRF sur l'étiquetage de l'origine des produits seront renforcés. “La plate-forme Viande France Export, regroupant les opérateurs français pour répondre aux demandes des pays tiers importateurs, sera mise en place dans les meilleurs délais”, a lancé Stéphane Le Foll.


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23 octobre 2020 - N° 43
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