Publié le
Vendredi 12 septembre 2014

“Si rien n'est fait, on se dirige vers une c

“Si rien n'est fait,
on se dirige vers
une catastrophe en porc et en volaille”

Philippe Mangin
est président de Coop de France. Les coopératives déplorent une situation dégradée dans toute l’industrie agroalimentaire. Il fait un tour d’horizon des difficultés vécues par les filières.
Politique économique et entreprises, situation des marchés, embargo russe et relations avec la grande distribution : le constat dressé par Philippe Mangin est alarmant.

“Pour la première fois, la production agroalimentaire recule en volume, à -2,2 % au 1er semestre. “Maintenant c'est sûr : nos entreprises n'échappent plus aux conséquences de la crise” s'inquiète le patron de Coop de France, qui évoque une menace pour l'emploi. D’autres indicateurs virent au rouge. Les prix à la consommation de produits alimentaires affichent -1,8 % en juin, soit un quatrième mois consécutif de déflation.

“La chute des prix sur les marchés mondiaux, qui s'ajoute à de faibles rendements dans certaines zones, impacte très négativement la trésorerie des céréaliers.” Sur la qualité décevante de la récolte française de blé, Coop de France se veut rassurant.

“Non seulement on satisfera la demande de la meunerie française mais on saura aussi exporter.” Les coopératives ne ménagent pas leurs efforts pour cela. Exemple chez EMC2, où 16 000 analyses ont été effectuées en laboratoire 24 heures sur 24.

“En cette année difficile, les coopératives baignent dans les fondamentaux du métier : l’allotement, le travail du grain.”


Une situation ubuesque



Philippe Mangin exprime aussi sa

“profonde inquiétude” à l’égard du porc et de la volaille.

“On va au devant d’une catastrophe”, dit-il en évoquant la situation de la Bretagne.

“Les coopératives tiennent à bout de bras les volaillers Doux et Tilly-Sabco.

Doux supporte 180 millions d'euros de dettes, la séparation des activités avec le Brésil n’est toujours pas réalisée. Tilly-Sabco est lui à bout de forces, ne travaille plus qu’un jour par semaine. Aucun des deux ne semble vouloir mettre les choses sur la table.”


À propos de l’abattoir de porcs Gad, il se déclare

“pas tant réjoui que ça” à l’idée d’une reprise par Intermarché, y voyant le risque d’une

“stratégie de produits d’appel” comme celle de Leclerc.

“Les autres acteurs ne savent pas comment rivaliser” avec cette politique d’intégration, selon lui.


La filière fruits et légumes est elle

“carrément menacée”, avec un

“découragement total de la production”. Et l'embargo de Moscou aggrave les difficultés du secteur.

“Même si le marché russe ne totalise que 800 millions d'euros pour la France, il représente le deuxième marché à l’export pour l’UE avec 9 milliards d’euros. Ce qui laisse présager des conséquences en cascade pour les produits français.”


Philippe Mangin dénonce enfin la

“spirale négative de la guerre des prix” que mène la grande distribution.

“Les relations avec ce secteur me préoccupent au plus haut point”. Le patron de Coop de France demande à nouveau un Grenelle de l’alimentaire. Il attend aussi la publication des décrets de la loi Hamon, censés réaménager et discipliner les relations commerciales.


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