Publié le
Vendredi 6 mars 2015

“Sans investisseur pour les terres, ça ne passait pas”

Frédéric Legendre vient de s’installer à Sacé, en Mayenne, avec 300 000 litres de lait sur une cinquantaine d’hectares, avec un projet en conversion bio. “La quasi totalité de l’exploitation était à vendre, ce n’était pas possible pour moi.” Confiant avoir été “un peu réticent au début, par rapport à ce qu’on entend dans les campagnes”, le jeune homme en recherche de solutions va quand même s’adresser à la Safer. “Cela s’est finalement bien passé, notamment pour la recherche de financements. Sans investisseur, ça ne passait pas.”


“Investir dans le foncier bloque aussi s’il faut moderniser l’outil”



La Safer Maine Océan dispose d’un portefeuille d’investisseurs extérieurs à l’agriculture. “Le stockage temporaire de foncier est un enjeu pour mener une politique d’installation, commente son directeur, Rémy Silve. Nos fonds propres ne nous permettent pas d’accéder aux millions d’euros nécessaires aux acquisitions simultanées d’exploitations.” Certaines précautions sont prises. Afin d’éviter toute interférence ou prise de partie, “on essaie de trouver des investisseurs les plus éloignés possibles des projets”, précise François-Xavier Dubois, président du comité technique mayennais.


Globalement, la recherche de solutions pour favoriser le maintien du fermier “prend de plus en plus de place” dans le métier des conseillers de la Safer. La recherche de nouveaux financeurs aussi. Y compris lorsqu’un propriétaire exploitant a besoin de décapitaliser pour réinvestir dans son cheptel ou dans ses équipements.


Pour un porteur de projet, tel Frédéric Legendre, “ne pas courir après les terres” permet aussi de “ne pas me perdre dans toutes les démarches du parcours à l’installation”. “Investir dans le foncier bloque aussi avec des annuités sur 20-25 ans. S’il faut moderniser notre outil dans les dix ans (qui suivent la date d’installation), on en a plus les moyens.” Néanmoins, si l’apport extérieur a favorisé le maintien en l’état de l’exploitation cédée et facilité son installation, le jeune éleveur voulait acquérir le noyau. “Un investisseur proposait de tout mettre à disposition, bâti compris.” Il se montre plutôt réticent à cette proposition. “J’avais aussi envie d’être libre, pour être capable de me développer.” “Un agriculteur doit se sentir chez lui, pense aussi Daniel Boittin, le président de la Safer. On ne reste plus sans évoluer, avec les mêmes bâtiments, pendant vingt ou trente ans.”



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