Publié le
Vendredi 11 septembre 2015

“Personne ne nous a entendus”

Lundi dernier, 7 000 manifestants et plus de 1 400 tracteurs ont congestionné des grands axes de la capitale belge en particulier dans le quartier Schuman, qui abrite le siège de la Commission et du Conseil européen. Stéphane Le Foll s'est interrogé sur l'origine de l'enveloppe de 500 millions d'euros (lire p. 2) et sur les conditions dans lesquelles se feront les avances aux agriculteurs sur les aides prévues par la Pac. Il a par ailleurs regretté le fait que la Commission n'ait pas envisagé de relever le prix d'intervention à partir duquel l'UE décide d'acheter des stocks de lait en poudre et de beurre pour soutenir les cours du lait.
“Un paquet d'aides de 500 millions d'euros est bien loin du compte pour indemniser les agriculteurs de la perte de leur principal marché à l'exportation, la Russie, qui vaut 5,5 milliards d'euros par an”, a réagi le principal syndicat européen d'agriculteurs, le Copa-Cogeca. “Les agriculteurs européens paient le prix de la politique internationale. Les prix sont inférieurs aux coûts de production dans de nombreux pays et le revenu des agriculteurs la moitié du niveau moyen.”


La Commission est “loin du compte”



“Personne ne nous a entendus”, a réagi le syndicat des Jeunes Agriculteurs. “Nous ne sommes pas venus chercher un chèque à Bruxelles, nous sommes venus réclamer des mesures structurelles pour le long terme : des mesures européennes pour anticiper et gérer les crises, des mesures pour sécuriser les revenus des jeunes agriculteurs”, explique le syndicat. “Il n'y a eu aucune réponse aux revendications” a déclaré Xavier Beulin, président de la FNSEA, présent à Bruxelles. “Je considère qu'il y a une forme de mépris” de la part des commissaires “qui ne sont plus dans la vraie vie”.


“Mépris”, le mot est aussi prononcé par la Confédération paysanne qui estime que le Conseil des ministres de l'Agriculture “n'a rien fait pour les paysans”. Au contraire, le Conseil a “osé se servir de la détresse des éleveurs pour aller encore plus loin dans le libéralisme, pour accélérer encore la disparition des paysans”. Pour le syndicat, “la maîtrise attendue par des milliers de manifestants présents devant le Conseil européen n'a même pas été portée par Stéphane Le Foll. Même le relèvement du prix d'intervention a été balayé sous prétexte de compétitivité ! Seules les avances d'aides Pac pourront donner un peu d'air aux éleveurs”.


Quant aux producteurs laitiers unis sous la bannière EMB, “l’Europe n’a rien compris”. Du déplacement à Bruxelles, Olivier Chemin, président de la CR53, regrette que “c’est encore de l’argent public qui ne va servir à rien. La seule solution passe par la régulation des marchés. Il faut que Phil Hogan comprenne. Sinon on va dans le mur”.


Déçue aussi, la FNCL, par la voix de son président, Dominique Chargé, se dit prête à continuer “à œuvrer pour que les prochaines négociations de la Pac prévoient, par exemple, un système d’assurance marge pour les éleveurs” et à “initier la mise en place d’outils de prévention et de gestion de crise, efficaces et réactifs”.


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