Publié le
Vendredi 22 mars 2013

“Nos chiffres n’ont jamais été démentis”

Le collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport a été reçu quatre fois par la commission présidée par Claude Chéreau. Ils sont convaincus qu'il n'a pas de doute sur l'intérêt de l’équipement.

L'opération, appelée vigie postale, lancée fin août 2012 par la coordination des opposants, s'achève cette semaine par l'envoi à la présidence de la République d'une trentième et dernière lettre ouverte. “Semaine après semaine, elles étaient rédigées par des personnes d'horizons professionnels divers. Sur tous les points, elles explicitaient nos arguments sur la base d'analyses poussées” explique Françoise Verchère, conseillère générale de Bouguenais­ et leader du Cédpa, le collectif des élus.

“Un silence assourdissant”

Mais malgré leurs demandes répétées depuis six mois pour s'entretenir du sujet avec le président de la République, rien. “On nous a renvoyé plusieurs fois la même lettre type et on nous a précisé que François Hollande ne pouvait pas répondre à notre demande de rendez-vous. Pas plus que Frédéric Cuvilier, le ministre des Transports. C'est à croire que les 1 200 élus membres du Cédpa et les 4 000 adhérents de l'Acipa ne pèsent rien.”

Gilles Denigot enchaîne : “Nous avons été reçus quatre fois par la commission du dialogue, dont la dernière fois le 13 mars à la demande de son président, Claude Chéreau. Il nous a affirmé ne pas savoir encore quelles recommandations il allait proposer au gou­ver­nement. S'il a exprimé des doutes concernant la pertinence de certains arguments des porteurs du projet, notamment au sujet de la saturation de la piste, il n'en a pas sur l'intérêt de ce nouvel équipement”.


“Bruit et sécurité : de faux arguments”

Le Cédpa n'a pas été convaincu par des arguments brandis par Claude Chéreau, à savoir que les hommes d'affaires ont besoin d'aller partout en Europe dans la journée et que le départ de l'aéroport dégagera des potentialités d'urbanisation. “Lorsque nous l'avons interrogé sur les raisons qui empêcheraient Nantes Atlantique de répondre à cette demande, il nous a répondu bruit et sécurité” expliquent les deux élus. Or ces arguments, mis en avant par les porteurs du projet pour justifier la construction d'un nouvel aéroport, sont des arguments que nous avons méthodiquement démontés depuis le début” reprend Françoise Verchère. “Peut-être que la commis­sion va suggérer d'être un peu plus économe, en surface de parking par exemple, mais c'est tout”.

“Mais ce n'est rien en comparaison de l'ar­gument de fond, à savoir la loi sur l'eau” poursuit l'ex-maire de Bouguenais. “Le transfert a été décidé en 2003 et la DUP a été prise cinq ans plus tard. Si la loi sur l'eau avait alors existé, jamais la solution Notre-Dame-des-Landes n'aurait pu être retenue. La localisation reste celle-là, à cause des réserves foncières faites dès 1974. Or, c'est précisément la seule qui ne peut pas accueillir d'aéroport.” C'est maintenant là-dessus que se mène le combat en justice, au niveau européen.

CE

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