Publié le
Vendredi 11 janvier 2013

“Même de grosses fermes disparaissent à leur tour”

Philippe Collin est le porte-parole de la Confédération paysanne. Il était à Nantes pour le premier des deux rassemblements “Sauvons l'élevage”.

La situation est très préoccupante : l'élevage a tendance à déménager des parties entières du territoire. La présence des salariés de Candia aujourd'hui le montre : derrière le départ de l'élevage, c'est tout le tissu rural qui est menacé. La rationalité économique n'a qu'une seule visée : la concentration des fermes d'élevage et l'élimination progressive des paysans. L'appauvrissement des territoires.” Au contraire, l'élevage est le meilleur rempart contre la désertification des campagnes".

“C'est la première fois que de façon aussi nette on assiste à la régression du nombre d'élevages, mais aussi d'animaux... La vraie rupture est là : de grosses fermes disparaissent à leur tour. L'augmentation de productivité a forcément ses limites. On voit des éleveurs avec de gros quotas et un nombre important de vaches se tourner vers nous en disant : au fond, vos idées ne sont pas si mauvaises.”

Au-delà de l'aspect économique, c'est l'isolement, la pression du milieu environnant et l'absence de perspectives qui inquiètent le plus les responsables agricoles et peuvent faire des ravages : alcoolisme, obésité, suicide, etc. “On va voir la détermination du gouvernement à mettre en œuvre ses engagements.”

“Une Pac repeinte en verte, et c’est tout”

Le vrai enjeu est celui d'une nouvelle politique agricole qui aide davantage l'élevage au détriment des grandes cultures. “Allouer les aides aux hectares et pas aux personnes : il faut espérer qu'au niveau européen, un accord minimal se fasse là-dessus.” Mais il n'est pas dupe non plus : “Au départ, Dacian Ciolos a présenté ses objectifs pour la nouvelle Pac qui allaient dans le bon sens mais en fin de compte, on risque d'avoir la même politique, juste un peu repeinte en vert.”

Enfin, “il faut en finir avec des marchés ouverts à tous les vents et ce libéralisme effréné, c'est cette politique qui continue à éliminer des paysans. On doit aussi lutter contre la mainmise de l'industrie agroalimentaire, qui aboutit à une mise en coupe réglée des paysans.” 

Christian Evon

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7 août 2020 - N° 32
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