Publié le
Vendredi 15 mars 2013

“Les systèmes herbagers permettent à l’Etat de réaliser des économies"

Nadège Garambois, enseignante-chercheuse à AgroParis Tech, a rédigé une thèse sur les effets en terme de création et richesse d'emploi, de la mise en œuvre de systèmes herbagers économes. Elle présentait les conclusions de son travail lors de l'assemblée générale du Civam AD 49.

Les systèmes herbagers économes permettent-ils un bénéfice net pour la collectivité, ou bien peuvent-ils engendrer une diminution d'activité en amont et en aval, entraînant des pertes d'emploi? La réponse de Nadège Garambois­ est claire : “Le passage en système herbager a permis de dégager ces vingt dernières années un bénéfice net pour la collectivité tout en maintenant 50% d'actifs agricoles en plus sur le territoire, rémunérés aujourd'hui dans des gammes de revenus semblables à celles caractérisant les autres systèmes de la région”

L'étude a été conduite autour des réalisations des agriculteurs membres du Groupe de recherche en agriculture durable et en économie locale (Gradel), un groupe d'éleveurs laitiers du haut bocage vendéen. Tous ont choisi d'implanter des prairies temporaires associant graminées et légumineuses, d'augmenter la part de l'herbe pâturée, de réduire l'apport d'intrants et supprimer les engrais azoté de synthèse sur les prairies. “Ces systèmes bovins herbagers permettent de dégager une forte valeur ajoutée par hectare et par actif, d'assurer sur de plus faibles surfaces des revenus par actif égaux ou supérieurs à ceux des autres systèmes de production bovine de la région et de réduire la charge de travail des éleveurs, constate Nadège­ Garambois­. Ce qui permet de maintenir davantage d'emplois agricoles”. Mais quid de l'impact économique sur l'amont et l'aval, si ces exploitations achètent moins d'intrants, d'aliment ou de matériel agricole, et surtout si elles produisent moins de viande et pas de blé fourrager ? “Dans le scénario herbager, les productions agricoles brutes et les valeurs ajoutées nettes indirectes créées dans les industries de collecte et de transformation aval sont plus faibles qu'en scénario témoin, observe la chercheuse. Ce type de système entraîne [par exemple] une réduction des valeurs ajoutées créées indirectement dans le secteur de la viande en aval”. Quant à l'approvisionnement moindre en intrants ou matériel agricole, “ces biens fournis aux agriculteurs, même s'ils sont fournis par des acteurs présents sur le territoire, présentent une forte composante d'importations et représentent donc un coût élevé pour la collectivité”. “L'État a réalisé des économies budgétaires, car les moindres aides versées dépassent la réduction des taxes directes et indirectes perçues­, observe par ailleurs Nadège Garambois­. Au sein de l'hexagone, ces systèmes “ont permis de dégager davantage de revenu agricole au cours de ces vingt dernières années qu'ils n'ont, par leur caractère autonome, réduit l'activité des salariés des filières amont et aval”. “Le maintien d'un plus grand nombre d'emplois agricoles est, en outre, susceptible de garantir une plus grande densité de population en milieu rural et de se traduire par des effets induits sur l'économie locale”, conclut Nadège Garambois.
Le journal
3 juillet 2020 - N° 27
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