Publié le
Vendredi 15 janvier 2016

“Les OPA devraient offrir un service d’un rapport qualité-prix mieux adapté à cette situation de crise”

Oui. Le monde agricole traverse une crise excessivement grave. Avec les clôtures de comptabilités de 2015, ce sera l’opération Vérité. On va se rendre compte de la gravité de la crise. 2015 est pire que les autres années, avec des conséquences sociales et familiales. Et je ne vois pas de coin de ciel bleu à l’horizon. Quelles que soient les productions, on n’a pas de perspectives rassurantes pour les mois qui viennent. C’est très préoccupant.


Oui, même si on ne peut pas se substituer au contexte économique. Nous avons pu proposer des prises en charge de cotisations et des échéanciers de paiement. On a pu prendre en compte l’année n-1 et non l’assiette triennale. Cette mesure sera reconduite en 2016. C’est une réussite d’avoir obtenu cette option.


De même, l’assiette minimum pour les cotisations Amexa a été réduite, et sera supprimée en 2016. C’est important : on ne demande pas aux personnes qui bénéficient de la CMU (couverture maladie universelle) de cotiser. Les agriculteurs sont la seule catégorie qui cotisait, même s’ils étaient sans revenu. C’était une injustice. [sur le détail des aides, lire en page 5).



Cette crise est vraiment profonde. Je n’ai jamais connu ça avant... Nos services sociaux sont surbookés. Nous sommes en lien avec les OPA, leurs techniciens alertent nos conseillers s’ils rencontrent des personnes en difficulté. Notre cellule de prévention du mal-être et du suicide travaille à détecter et accompagner les personnes en difficulté. En 2015, 82 situations ont été détectées (contre 50 en 2014). Cette cellule est inter-disciplinaire, avec des travailleurs sociaux, des médecins, des personnes du service Contentieux. On propose un accompagnement psychologique, des séjours de répit, etc. Nos délégués ont été formés pour apprendre à écouter les personnes en détresse. Croyez-moi, c’est déjà beaucoup. Après, quand on identifie l’origine des situations de désarroi, on voit que les recettes sont plus larges que le seul périmètre d’action de la MSA...



Oui, le nouveau projet stratégique du régime agricole nous demande de nous orienter vers une mutualisation et de la coopération inter-caisses, dans un calendrier resseré. Nous avons un an pour définir le périmètre (quelles caisses?) et les domaines mutualisés.


A ce sujet, je regrette que nos organisations agricoles n’aient pas plus réfléchi à ce type d’évolution, pour offrir un service qualité-prix mieux adapté à la situation de crise d’aujourd’hui. En tant que professionnel, on devrait être à la recherche de moyens optimisés pour les services à nos adhérents. C’est un devoir. Nous sommes passés de 72 caisses à 35, sans faillir à notre mission de service public. On est un exemple unique et un modèle à suivre.


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