Publié le
Vendredi 13 mai 2016

“Les écolos anglais ont orienté le tournant environnemental de la Pac”

A l'entrée en application de la Pac, les agriculteurs anglais ont “cassé” de nombreuses prairies, provoquant chez les environnementalistes anglais une prise de conscience du lien entre Pac, intensification des pratiques agricoles et biodiversité. La RSPB avait des ressources à investir, elle a par exemple initié des recherches en écologie scientifique. Dans les années quatre-vingt-dix, ils ont développé une vision très libérale : dans la mesure où il existe un marché pour les produits agricoles, il n'y a pas besoin de politique agricole, sauf pour corriger les externalités négatives, ou récompenser les externalités positives de cette production. Et ils ont monté une équipe de lobbying.


La RSPB a apporté à la Commission “l'armature intellectuelle” pour réformer la Pac. Ce tournant n'a pas été porté par les agriculteurs. Et s'il y a aujourd'hui un malaise agricole, il tient peut-être à ce que cette politique - qui vise à rémunérer des services environnementaux - dans une certaine mesure, nie l'identité agricole : l'acte de production n'est pas au cœur de cette politique.



Le Copa-Cogeca était occupé à s'opposer au changement porté par la Commission européenne, et Via Campesina défendait des propositions clairement anti-libérales. La Commission n'avait plus d'interlocuteur. Les OPA ont ouvert un boulevard aux environnementalistes anglais, représentés en Europe avec BirdLife [dont fait partie la LPO en France]. Birdlife s'est appuyée sur la concordance de sa proposition avec les règles de l'OMC pour dire que leur projet était la seule voie d'avenir pour la Pac.


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29 mai 2020 - N° 22
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