Publié le
Vendredi 15 avril 2016

“Le challenge est de démontrer les bénéfices

“Le challenge est de démontrer les bénéfices des protéines d'insectes et des acides aminés, car ils présentent d'importantes qualités nutritionnelles”, précise l'entrepreneur

. Pour cela, il a intégré le projet Id4Food, un programme qui réunit les étudiants des Master 2 et 3 spécialisés en alimentation dans leurs domaines de compétences.

“Je travaille avec Oniris pour tout ce qui est saveurs, goût et textures des protéines d'insectes, Audencia pour l'étude de marché, l'Université de Nantes pour le volet droit alimentaire (allégations santé et étiquetage), ainsi qu'avec l'IAE Nantes pour la partie design, packaging et tests consommateurs.”

Durant une année, dans le cadre du programme Id4Food, Insectéine a mené une étude sur la nutrition des sportifs à base d'insectes, la nutrition sportive étant un marché de niche en voie de développement.

“On a travaillé à partir d'insectes déshydratés et chauffés à basse température (65 °C pendant huit heures)

, ce qui donne un produit sec qui est mixé en poudre très fine. Les premiers retours des sportifs associés au projet ont été encourageants. On a aussi testé une formule un peu plus sophistiquée, pour un usage plus protéique. On se dirige plutôt vers une préparation à boire, en sachant qu'il y a encore des contraintes techniques à résoudre.”


Les premiers retours des sportifs encourageants



Du labo jusqu’à l'élevage d'insectes



Tout l'enjeu consiste à trouver les meilleures méthodes ou techniques à appliquer pour la mise en place d'une véritable filière à l'échelle industrielle. Désirable, financé par l'Agence nationale de la recherche depuis 2013, est l'un des plus grands projets européens de recherche. Il ambitionne de couvrir le nouveau secteur industriel de l'insecte dans sa totalité, depuis la récolte de déchets organiques pour nourrir les insectes qui seront transformés en PMR (matériaux riches en protéines) jusqu'à la consommation finale dans les élevages avicoles et piscicoles.


Si l'insecte est naturellement riche en protéines, c'est aussi un animal qui génère peu de déchets et nécessite peu de surface d'élevage et d'eau.

“Je travaille sur des larves de ténébrion, qui sont données à manger à des poissons d'élevage. Le but est d'étudier les capacités de développement maximal de ses larves, c'est-à-dire à quelle vitesse elles se développent si on leur donne une alimentation optimale”, explique Frédéric Marion-Poll, professeur à AgroParisTech et chercheur associé au CNRS. Comme ces petites bêtes ont aussi des préférences alimentaires, les biologistes étudient leurs capteurs gustatifs et leurs réactions en présence de différentes substances.



Une série de verrous
à faire sauter



Il reste bien d'autres défis à relever avant de voir apparaître des fermes d'élevage d'insectes en France. Les verrous sont de trois ordres. Technique bien sûr, pour étudier l'élevage et la transformation de l'insecte en farine ou en ingrédient ; réglementaire ensuite, à l'échelle française et européenne ; économique enfin, pour savoir si le prix de revient des farines qui seront produites industriellement sera compétitif par rapport à des filières conventionnelles. En février 2015, l'Anses a lancé un appel : il faut davantage de recherches sur les allergies et les autres risques sanitaires liés à la consommation d'insectes.



“Le développement d’Insectéine sera conditionné par l’ouverture totale du marché européen grâce aux évolutions récentes de la réglementation sur la consommation d’insectes”, confirme Jacky Petiz. Il travaille donc en collaboration avec les équipes de recherche biologique sur l’élaboration d’une vingtaine de recettes qui revisitent des plats traditionnels en y incorporant de la farine d’insectes. L’objectif est de pouvoir évaluer la qualité des produits obtenus en travaillant avec un panel de consommateurs pour mettre en évidence les freins gustatifs et psychologiques.

“Priorité sera donnée à l’agriculture biologique, aux circuits courts et aux ingrédients équitables”, conclut Jacky Petiz.


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