Publié le
Vendredi 1 avril 2016

“La transmission, ce n’est pas une fin, c’est un début !”

Pour s’enlever la pression, le mieux est d’anticiper. “Se préparer est important parce que c’est un nouveau projet de vie à construire. Ce n’est pas une fin, c’est un début ! On a encore vingt à trente années derrière. Il faut se demander : de quoi j’ai envie ? De quoi j’ai besoin ?”
Il liste les questions à se poser : où vivrai-je ? Qui est concerné ? “La famille, le propriétaire, mais aussi les partenaires, la laiterie, etc. S’ils font partie du jeu, y compris avec un passif lourd, comment on les intègre ?”
Qu’y a-t-il à céder ? “Il y a des choses qu’on n’ose pas se dire à soi-même. Par exemple, j’ai envie que ce troupeau que j’ai sélectionné avec une bonne génétique continue. Il faut réfléchir à ce qui est non négociable pour vous.”
La question de l’argent est centrale : “Suis-je prêt à transmettre en louant ? Mais mon pognon est là, dans cette ferme.” Certains se disent : “Je me suis toujours débrouillé, je ne vois pas pourquoi je n’y arriverais pas après”, d’autres : “Avec les petites retraites qu’on a, comment on va faire ?” Dans les deux cas, se projeter permet d’y voir plus clair.
Malgré cette organisation, il ne faut pas pour autant imaginer que tout va se dérouler selon un protocole écrit à l’avance. “Il faut oser commencer quelques pas incertains. Accueillir ce qui arrive au fur et à mesure. On laisse la place aux évolutions. La politique des petits pas, j’y crois beaucoup. Certains me confient, heureux : 'Ça y est, j’ai vu la MSA !' Eh bien, oui, c’est un premier pas ! Quand on raconte l’histoire après, ça coule. Mais au présent, il y a un cheminement, avec des moments de doute”.


“Une histoire de personnes”



Vient ensuite le recrutement du repreneur. Cela demande de définir des critères, et de le faire savoir. Puis de se rendre disponible pour recevoir ces personnes. “Il y en a qui n’ont jamais le temps de s’en occuper ! Ils ont toujours autre chose à faire. Non, si c’est un important, on y consacre des ressources.” Ensuite, le cédant peut accompagner la reprise avec un parrainage. Dans ce passage de relais, chacun doit rester à sa place (cédant/repreneur).


il n’y a pas un modèle. “C’est une histoire de personnes avant d’être une histoire de ferme. Dire qu’une ferme est transmissible ou non, heureusement, concrètement ça ne se résume pas toujours à ça.” Pour les jeunes aussi, il faut se préparer au compromis : “Un porteur de projet de maraîchage ne trouvait pas 4 ha à reprendre. Finalement, il en a trouvé 15. Il faut s’adapter à la réalité de ce qu’on rencontre.”


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27 novembre 2020 - N° 48
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