Publié le
Vendredi 8 mai 2015

“La proposition sur les OGM provoquerait des d

“La proposition sur
les OGM provoquerait des distorsions de concurrence”
Alain Guillaume,
est président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia). Il rejette la proposition de Bruxelles de renationaliser les décisions de commercialisation
des OGM par pays au sein de l’Union européenne.
La Commission européenne propose de renationaliser les décisions de commercialisation des OGM. Qu’en pensez-vous ?
Nous rejetons cette proposition législative. Que l’Europe prenne ses responsabilités ! Cela va à l’encontre du marché unique et provoquerait de graves distorsions de concurrence entre pays. Tous les Etats ne sont pas sur la même longueur d’onde au niveau des OGM et restent parfois dans un processus de non-décision.
Dans quelle mesure les industriels de l’alimentation animale s’approvisionnent déjà en produits OGM ?
En France, 87 % de nos approvisionnements en matières premières sont d’origine européenne, 13 % seulement sont achetés sur le marché mondial. Sur ces 13 %, près de 80 % sont des OGM. Sur le marché international du soja par exemple, le standard, c’est l’OGM ! Le non-OGM est d’ailleurs environ 20 % plus cher. Au final, un peu moins de 10 % de nos approvisionnements en matières premières est susceptible de contenir des OGM.
Cela vous pose-t-il des problèmes de commercialisation ?
Non, puisque depuis 2004, nous sommes dans l’obligation de mentionner la présence d’OGM sur les étiquettes de nos produits. Les filières avec et sans OGM sont parfaitement organisées et coexistent en toute transparence. Par contre, il existe une problématique de manque de synchronisation des autorisations d’OGM à travers le monde. C’est pourquoi nous nous réjouissons de la récente autorisation de commercialisation des 17 variétés d’OGM en Europe. Il faut savoir que les autorisations de production, de commercialisation et d’utilisation des OGM ne sont pas les mêmes entre bassins de production (USA et Amérique latine) et bassins de consommation (Europe). Cela menace les approvisionnements car il existe toujours un risque de transferts de particule entre lots du fait de la logistique et du stockage. Des OGM non autorisés sur le marché européen, même en infime quantité, peuvent se glisser dans des lots de matières premières non OGM ou issues d’OGM autorisés, au risque de bloquer les circuits d’approvisionnements. C’est un problème technique grave que la proposition de loi de Bruxelles pourrait démultiplier au sein même de l’Europe.
Quels coûts supplémentaires cette décision aurait-elle pour l’élevage français ?
Il faut que ce projet soit abandonné car les élevages des pays qui renonceraient à certaines sources d’approvisionnement seraient directement menacés, avec par exemple une hausse de 5 à 7 % du coût de l’aliment pour la volaille. En France, ce serait dommageable pour une filière en phase de reconquête. Par ailleurs, si à court terme, l’élevage de certains pays serait peut-être favorisé, sur du long terme, c’est tout l’élevage européen qui serait pénalisé par une telle orientation.

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25 septembre 2020 - N° 39
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