Publié le
Vendredi 3 avril 2020

“La préparation au vêlage, ça évite les incidents sanitaires”

Jean-Christophe Socheleau	: “La préparation au vêlage conditionne la lactation ensuite.”
Jean-Christophe Socheleau : “La préparation au vêlage conditionne la lactation ensuite.”

Jean-Christophe et Pascal Socheleau soignent particulièrement la fin de gestation de leurs vaches, sur leur ferme de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire). Une préparation qui se découpe en deux phases et qui permet à la fois d’éviter les incidents sanitaires et de préparer les vaches à la lactation.

Ala ferme de la Légeardière, le tarissement commence cinquante jours avant la date prévue de vêlage pour les multipares (un peu plus pour les primipares). Les vaches sont isolées dans d’anciennes cases à taurillons, dans un bâtiment situé à une cinquantaine de mètres de la stabulation. “Cela permet de les sortir de leur contexte”, explique Jean-Christophe Socheleau. Pendant deux ou trois jours, leur alimentation est réduite “de façon assez drastique”. L’éleveur met un obturateur sur les trayons de ses gestantes, sorte de pâte qui permet de fermer les canaux pendant le tarissement, et de protéger ainsi l’animal contre les microbes. Cela vise surtout à diminuer les contaminations bactériennes, tout en réduisant l’usage d’antibiotiques.

Préserver un pH sanguin inférieur à 8

Quinze à vingt jours avant la date prévue du vêlage s’amorce la seconde phase. Les vaches sont ramenées dans le bâtiment initial auprès des vaches en lactation. Une ration spécifique leur est distribuée, “il est conseillé de distribuer plutôt de l’ensilage maïs que de l’ensilage d’herbe, et on préfère le tourteau de colza au tourteau de soja” indique Gaëtan Bernier, conseiller Néolait qui suit l’élevage des frères Socheleau. “On donne à nos vaches gestantes un peu plus de colza (1,5 kg), 500 grammes de triticale et surtout 200 grammes de complément minéral spécial vaches taries”, ajoute l’éleveur. Ce complément est composé d’oligo-éléments et vitamines. Il assure la couverture des besoins en calcium en préservant un pH sanguin inférieur à 8, l’objectif étant d’être entre 7,5 et 7,8. Au-delà de 8, les risques de rétention placentaire sont accrus. Toute cette phase pré-vêlage vise à “adapter le rumen à ce que la vache va consommer ensuite pendant la lactation”, résume le conseiller. “La préparation au vêlage conditionne la lactation ensuite”, abonde Jean-Christophe Socheleau.

Parallèlement, cette alimentation adaptée doit permettre d’améliorer le colostrum, et renforcer ainsi les défenses immunitaires du veau.

Antoine Humeau
Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche