Publié le
Vendredi 18 septembre 2015

“La luzerne tire son épingle du jeu”

On dit que les sols acides sont défavorables à la luzerne, or elle tire son épingle du jeu, raconte Grégoire Dufour à la ferme expérimentale de Thorigné-d'Anjou. Il explique que la culture de luzerne est envisageable sur sols à pH faible à condition d'utiliser des semences inoculées et d'apporter un amendement calcaire. Le principal souci de la culture serait plutôt la lenteur de son installation. “La première année, on a une faible productivité et les risques de salissement sont élevés.” Il faut donc soigner l'implantation d'autant que la culture ne “refait pas de pied en cours de vie.” En revanche, une fois installée, la plante résiste bien à la sécheresse. Des essais menés à Thorigné-d'Anjou, en sols acides (pH de 5,4) mais profonds, montrent “que la luzerne s'en tire bien en cas de sécheresse estivale” : 16 t MS/ha par an, en moyenne sur trois ans, contre 13,3 t MS/ha pour le trèfle violet et 14,6 t MS/ha pour un mélange RGH trèfle violet. Même résultats en sols peu profonds : 9,4 t MS/ha par an, en moyenne sur quatre ans, contre 7,2 t MS/ha pour une prairie de flore variée et 5,4 t MS/ha pour une association dactyle, fétuque élevée, trèfle violet. C'est l'hydromorphie que la luzerne supporte mal et les hivers humides peuvent lui être fatals. “Les essais implantés à l'automne 2012 ont dû être ré-implantés au printemps 2014.”


Ramener les feuilles
à l’auge



L'autre point de vigilance est la récolte en foin qui reste “délicate”. Pour limiter les pertes de feuilles lors de la fenaison et du pressage, mieux vaut intervenir à la rosée, avant 10 heures du matin. “Il faut faucher à plat, puis regrouper et bouger l'andain sans le brasser. Et surtout presser avant que le fourrage ne craque. Ce serait dommage de ne pas ramener les feuilles à l'auge.” Face à cette difficulté, l'enrubannage est un bon compromis. “On assure une récolte avec une valeur alimentaire élevée et on peut la distribuer comme un concentré car on gère à la botte.”



Un concentré
de bienfaits



Les foins de luzerne ont une valeur énergétique modeste (0,63 à 0,64 UFL/kg MS) mais ils sont riches en matières azotées (132 à 157 g/kg MS), en calcium (3 à 3,5 g/kg MS) et en fibres. Ils sont aussi très ingestibles. “C’est une bonne complémentation d’un maïs ensilage dans la ration.” A Thorigné, une ration de 4 kg MS de maïs ensilage, 6 kg MS d'ensilage de méteil et 3 à 4 kg MS de foin de luzerne apportée aux
Limousines en vêlage d'automne donne “des vaches en état correct et une bonne croissance des veaux, autour de 1 200 g/jour”. Un des avantages du foin de luzerne est d'apporter de la fibre avec de la valeur alimentaire, “on ne dilue pas la ration comme avec de la paille”. Cette ration convient aussi pour les vaches en finition.


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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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