Publié le
Vendredi 28 mai 2010

“La filière avicole devra se différencier"

Pascale Magdelaine,
responsable du service Economie à l’Itavi (Institut technique de l’aviculture) elle a participé à une étude prospective conjointe de l’Itavi et de l’Inra sur la filière avicole
à l’horizon 2025.
L’enquête prospective sur la filière avicole à l’horizon 2025 réalisée par l’Itavi et l’Inra, ne semble pas annoncer de tendance particulière pour l’évolution de la production.
Quel que soit le scénario retenu, dans tous les cas de figures, la production française
diminuera. Le nombre d’élevages va continuer de diminuer, et il faudra travailler à l’attracti-vité du métier.
Un autre défi semble celui de la compétitivité.
La filière avicole française souffre aujourd’hui d’un déficit de compétitivité en prix par rapport à plusieurs concurrents mondiaux, voire européens. Sur les dix dernières années, elle a perdu des positions à l’exportation, y compris sur le marché communautaire. Et le recours aux subventions à l’exportation sera vraisemblablement plus difficile demain.
De quelle manière la filière française pourra-t-elle agir pour rester compétitive ?
Malgré toutes les économies envisageables, il ne sera pas possible de rivaliser avec les pays tiers. Mais la filière ne doit pas baisser la garde, car elle prendrait le risque de se faire distancer davantage. La solution consistera à se différencier de la concurrence étrangère,
en misant sur des valeurs de respect de l’environnement, de bien-être animal, de sécurité sanitaire, de fraîcheur ou de proximité.
La “durabilité” des systèmes d’élevage, c’est la solution ?
Il est nécessaire d’aller vers des systèmes d’élevage plus respectueux de l’environne-ment au sens large, incluant en particulier la dimension de bien-être animal. Il faudra aussi concevoir des élevages économes en énergies fossiles, exploiter des matières premières pour l’alimentation animale qui ne seront pas concurrentes de l’alimentation humaine, sélectionner des animaux valorisant au mieux des matières premières aujourd’hui peu utilisées, réduire les déjections ou les valoriser davantage, etc. Tout cela permettra la différenciation par rapport aux concurrents. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a de plus en plus de gens prêts à défendre un modèle européen.
Et en aval ?
L’avenir des élevages sera plus favorable si l’industrie de transformation française et européenne opte pour un approvisionnement d’origine domestique. Mais pour privilégier la volaille française, il faut que le monde de l’industrie avicole ne soit pas dominé à l’excès par des groupes internationaux non européens. Il faudra donc optimiser le fonctionnement de la filière, les entreprises devront peut-être mutualiser certains outils. Cela pose deux questions : la place de la coopération dans la restructuration de l’industrie avicole française et les évolutions des relations contractuelles liant l’éleveur à son aval.

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