Publié le
Vendredi 23 janvier 2015

“Je ne fais aucun achat extérieur”

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Chez Christophe Lebrun, les 43 montbéliardes pâturent 285 jours par an et produisent 200 000 litres de lait. 50 000 litres sont transformés sur la ferme et vendus en direct. Installé il y a vingt ans, l’éleveur a progressivement abandonné le maïs au profit des surfaces en prairies. Aujourd’hui, l’exploitation compte 48 ha avec un assolement de 34 ha de prairies multi-espèces (RGA, fétuque, trèfle blanc, fléole, lotier, etc.), 3 ha de prairies naturelles, 3 ha de luzerne, 4 ha de mélange céréalier, 2 ha de maïs grain et 2 ha de betteraves. Cette conduite lui a permis de supprimer les achats d’azote minéral et d’aliments concentrés. En système herbager, l’autonomie protéique n’est en effet pas un problème. “On serait plutôt en déficit énergétique”, affirme Anne Marquet, animatrice. “Il faut équilibrer la ration herbagère avec du maïs ou des betteraves pour apporter de l’énergie, mais on peut se passer de concentrés.” Christophe Lebrun équilibre la ration de ses laitières avec 1 à 2 kg de mélange céréalier ou maïs grain. Et toute l’année, il distribue 1 kg de foin de luzerne ou d’herbe.


Organiser le pâturage



Le parcellaire est découpé en 48 paddocks, tous accessibles par un chemin de 400 mètres de long. Dès son installation, l’éleveur a reconstitué le bocage. “C’est la première chose que j’ai faite, planter des haies pour que les vaches puissent se mettre à l’abri. Cela évite qu’elles tournent et piétinent les parcelles.” Les prairies reposent deux mois l’hiver pour refaire les réserves pour la saison suivante. Les animaux sortent dès la fin février. Son principe est de faire revenir les vaches sur les paddocks toutes les six semaines. En pleine pousse, certaines parcelles sont débrayées pour faire du foin. “Et s’il y a beaucoup de pousse, je mets un fil que j’avance deux à trois fois par jour, pour ne pas gaspiller.” A l’automne, la rotation est plus courte, quatre semaines. Avec un chargement de 1,5 UGB/ha, Christophe Lebrun ne fait aucun achat extérieur. “Au 6 novembre, les vaches sont dans 1 ha du matin au soir et j’ai encore 30 à 40 jours de pâturage sans problème.”


La limite du pâturage tournant, c’est la portance. Anne Marquet précise que le repère pour sortir les animaux, c’est la profondeur de l’empreinte des sabots, pas plus de 8 cm. Autre astuce, observer les onglons des vaches au pré. “Si ça gicle entre les onglons, il ne faut pas y aller”, complète Christophe. Lui se fie à son empreinte de botte, “si je m’enfonce plus que le talon, je ne sors pas les vaches. Sauf pour les prairies que je vais casser au printemps, ce n’est pas grave si elles sont un peu abîmées.”


Le journal
4 décembre 2020 - N° 49
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