Publié le
Vendredi 27 juin 2014

“Faites un bâtiment pour les vaches, pas pour vous”

Le 3 juin, les éleveurs ont entendu bon nombre d'idées détonantes : soit parce qu'elles portent sur des troupeaux d'une taille inconnue chez nous (près de 2000 vaches en Australie), soit parce qu'elles viennent de pays lointains (Australie, Etats-Unis, Italie, etc.).
Première idée lancée par Franck Gaudin : avant de concevoir un bâtiment, “il faut toujours penser à deux trois générations. Est-ce que si quelqu'un reprend, il peut doubler la taille ? Si on place une fosse au bout du bâtiment, cela condamne toute extension”.
Ensuite, “faites un bâtiment pour les vaches, pas pour vous. Si vous le faites pour vous, la vache n'aimera pas. S'il fait -30 °C dehors et -20 °C dedans, la vache adore. Une vache n'a jamais froid. Laissez les bâtiments ouverts. Cela donne une meilleure qualité d'air et de lumière. Ne mettez pas de bardage, ça coûte moins cher !” Rien ne sert de vouloir un bâtiment adapté à toutes les températures : “Il suffit qu'il soit fonctionnel à 85 % du temps. Dans un pays chaud, il ne faut pas considérer les quatre jours de froid de l'année, et en Bretagne, où il pleut tout le temps, vous n'avez pas besoin de ventilation dynamique…” lance-t-il avec un brin d'ironie.


100 logettes pour 150 VL



En terme d'économie, Franck Gaudin conseille aussi de compter 100 logettes pour 120 vaches. Les meilleurs élevages ont ce fonctionnement, qui optimise les rotations. “Le lait vendu par logette peut être un indicateur.” Pour la dimension, le nutritionniste met l'accent sur la longueur suffisante à laisser à la vache. Quand elle se lève, elle fait un mouvement vers l'avant avec le menton. “Veillez à ce qu'elle n'ait pas d'entrave pour se lever.”



Marchand de sable



Franck Gaudin défend les litières en sable, plutôt que sur paille ou tapis. “Avec le sable, les inconvénients ne sont que dans votre tête. La preuve, aux Etats-Unis, on l'utilise. En fait, s'il n'y a pas de sable, les banques ne financent pas. Avec les tapis, les vaches produisent moins : 4 litres de moins par vache et par jour. Sur un troupeau de 40 VL, ça fait 20 000 $ par an (15 000 euros). Le sable offre une meilleure traction, donc une meilleure détection des chaleurs. C'est un meilleur confort… comme une plage au Mexique ! “ Franck Gaudin présente des statistiques : les tapis semblent encore plus confortables, mais en conséquence, les vaches y restent plus et vont moins s'alimenter. D'où une production moindre. Cela dit, admet-il, “je ne connais pas le coût du sable chez vous”. Pour un élevage de 400 VL, il faut 25 tonnes par semaine.


Quoi qu’il en soit, Franck Gaudin invite à réfléchir un maximum en amont de la construction d'un bâtiment : “Visitez des élevages pour vous inspirer des meilleures idées. C'est plus facile de concevoir un pédiluve avant, qu'après les bâtiments construits.”


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7 août 2020 - N° 32
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