Publié le
Vendredi 28 mars 2014

“Dans le porc, depuis cinq ans, il ne se passe plus rien, et c’est dramatique”

Denis Camaret est le directeur de participations du pôle Investissement d’Unigrains, une société d’aide au développement des entreprises détenue en majorité par les céréaliers (AGPB, AGPM), associés aux principales banques françaises. Elle affiche 680 millions d’euros de fonds propres, et gère 1,1 milliard d’euros de fonds divers.

Unigrains est une béquille, ou un tremplin, pour les entreprises ; telle la Cam que la société d’investissement “suit depuis 7-8 ans”en tant que “relais de fonds propres”. Mais cela s’arrête là, insiste Denis Camaret. “On ne fait rien sans les opérateurs. On est juste là pour accompagner ceux qui veulent. S’ils ne bougent pas, nous non plus.”


Ainsi, lors de l’assemblée générale du groupement Porc de la Cam, lorsqu’un éleveur l’interpelle sur le fait que “Unigrains n’a rien fait pour soutenir la filière porcine”, Denis Camaret rappelle une initiative, restée dans la discrétion. “Le projet Hermès devait regrouper tous les acteurs qui voulaient travailler en commun. L’idée est venue à un temps où les professionnels français ont failli racheter Aoste. Hermès a failli se faire, jusqu’au terme. Mais Jean Floc’h a jeté l’éponge, préférant verser la somme (qu’il devait investir) à ses salariés. Une autre chose a sans doute joué  : c’est une éclaircie sur les prix. Les industriels ont alors dû se dire qu’ils pourraient s’en sortir tout seul.”


Puis, il y a quelques années, deux exemples, deux visions étaient mises en avant : ”Gad ou Vion”.Denis Camaret vantait plutôt l’expansion du groupe néerlandais, qui depuis, a fait deux erreurs stratégiques : “Un mauvais investissement en Grande-Bretagne, et aller en Chine.”

Si bien que dans la filière industrielle française du porc, “depuis cinq ans, il ne se passe rien. Et c’est dramatique !”


Enfin, “rien”, ou presque : “On a aussi deux distributeurs qui ont leurs propres outils (Leclerc et Intermarché). Et qui eux, investissent et progressent, ce qui pénalise les autres outils. Ce qui ne nous aide pas”. Pendant ce temps, le différentiel de compétitivité avec l’Allemagne s’est creusé “Quand on aura comblé le retard, le travail ne sera pas fini : eux seront toujours devant. Quand on les aura rattrapés, les Allemands auront retrouvé leur capacité d’investissement. Nous, on court toujours après le point mort… Et on continue à perdre 2 à 3 % de notre production, chaque année.”


Frédéric Gérard



Frédéric Gérard

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3 juillet 2020 - N° 27
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