Publié le
Vendredi 29 novembre 2013

“On a prêté l’argent à notre repreneur pour conclure son installation"

Nicole et Christophe Derouet sont anciens agriculteurs à Saint-Cénéré (Mayenne). Ils ont facilité l’installation de leurs repreneurs Ludovic et Claire Mézière.

"Pour réussir la transmission de son exploitation, il faut être prêt dans sa tête, et être prêt à faire des concessions” : le conseil de la cédante Nicole Derouet aux futurs cédants. Elle et son mari Christophe étaient prêts et ils ont réussi leur transmission. Ils ont témoigné le 22 novembre pour la journée “Demain, je transmets” organisée par JA53.

Eleveurs laitiers et porcins, ils ont songé à leur retraite dès janvier  2010 et se sont inscrits au répertoire départ-installation. Au même moment, ils ont été sollicités par un 
salarié d’ETA, Ludovic Mézière, qui cherchait à s’installer. Très vite, le courant est passé, mais l’affaire était loin d’être bouclée. “Présenté aujourd’hui, ça paraît tout rose, mais ça n’a pas toujours été comme ça” témoigne le jeune homme. 

Celui-ci devait surmonter des obstacles, en particulier, celui de retourner en formation pour obtenir son BPREA, entre septembre 2010 et juillet 2011. Déjà, il a fait ses stages sur la ferme. Puis, suite à une suggestion de la conseillère de la chambre d’Agriculture, il a commencé un stage de parrainage d’un an sur l’exploitation. Expérience concluante : “Je me voyais mal débarquer du jour au lendemain dans l’exploitation. ‘Bon, je commence par quoi..?’” raconte le jeune éleveur, suscitant les rires. “Il fallait aussi que je découvre la production porcine. Quand on fait une connerie, les cédants sont là pour corriger, et c’est sûr que tu ne la refais plus après !” Christophe poursuit : “Il faut une année complète pour pouvoir voir toutes les saisons, connaître les coins et recoins de l’exploitation.”


Le futur agriculteur a ensuite dû convaincre le banquier. “On partait confiant, en pensant que ça passerait comme une lettre à la Poste. Quand on est revenu, ce n’était pas la même histoire... On ne connaissait pas assez bien notre dossier.” Conseil d’un jeune aux futurs installés : “Il est important de bien connaître ses chiffres, pour savoir de quoi on parle quand on vous pose une question.” Avec sa compagne Claire, ils ont mis le nez dans le dossier, sont retournés à la banque et ont convaincu le banquier.

La transparence pour la confiance


Toutefois, l’installation a été facilitée par la démarche de Nicole et Christophe qui voulaient que celle-ci aboutisse. Premièrement, “on a vendu le noyau, mais on a laissé les terres en location parce qu’on savait que le jeune ne pourrait pas acheter le foncier”. C’était leur position dès le départ, mais sur la fin, ils ont ajouté un coup de pouce : “Comme ils n’avaient pas d’apport personnel, on leur a prêté une somme d’argent pour conclure l’installation. Cela a rassuré la banque. Ce sont un peu nos enfants en fait ! “ Ce geste n’aurait pas été proposé à n’importe qui, d’où ce dernier conseil : il faut établir une relation de confiance forte. “On s’est toujours tout dit” confirme Claire, aujourd’hui conjointe-collaboratrice.

Rémi Hagel


Rémi Hagel

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