Publié le
Vendredi 6 février 2015

“On a la passion de l’élevage”

En modifiant la salle de traite, Sonia et Jérôme Denis ont gagné une heure trois quarts, du temps précieux pour la vie de famille.
En modifiant la salle de traite, Sonia et Jérôme Denis ont gagné une heure trois quarts, du temps précieux pour la vie de famille.

C’est Sonia Denis, une jeune femme pétillante, qui ouvre la ferme pour la rencontre technique du Clasel le 22  janvier. L’installation, c’est son affaire. L’exploitante a exercé douze ans comme conseillère à la chambre d’Agriculture de la Mayenne. Quant à son époux Jérôme, ancien dessinateur industriel, rien ne le prédestinait à l’élevage. Parcours d’une installation atypique.

Installés à Parné-sur-Roc (Mayenne) en juin 2011, Sonia et Jérôme Denis sont les deux associés de l’EARL Au pré de Laval. A 35 ans, ils ont repris 74 ha et une soixantaine de Prim’Holstein pour un quota de 517 000 litres. Les 61 ha de surface fourragère se répartissent entre 25 ha de maïs ensilage, 4 ha de luzerne et 32 ha de prairies. En cultures de vente, le couple emblave 10,5 ha de blé et 2,5 ha d’orge. Quelques mois après l’installation, ils intègrent la Cuma Beausoleil d’Entrammes pour bénéficier de la distributrice automotrice. Mutualiser un matériel performant, distribuer une ration régulière et précise, gagner du temps, maîtriser les coûts, le couple n’y voit que des avantages. “Ça nous revient à 12,48 euros les 1 000 litres produits”, précise Sonia.="text-align:>

Des améliorations progressives


En 2012, ils modifient la salle de traite pour passer d’une 1x8 places en épi à 60° à 1x12 places en traite par l’arrière avec sortie rapide. L’idée est de réduire le temps de traite. “On passait deux heures trente le matin et deux heures le soir pour 50 vaches. Ça nous laissait peu de temps pour les enfants.” Objectif atteint puisque le couple a gagné une heure trois quarts. La même année, ils rehaussent les murs du silo de maïs de 1,20 mètre à 2 mètres. “On aurait dû ajouter une rangée pour être un peu plus haut. A l’avenir, on fera peut-être un troisième silo.” En 2013, place aux investissements privés pour rénover la maison d’habitation. Il devenait impératif de résider sur place, “ça devenait compliqué d’habiter à 6 km”. Les modifications continuent sur l’exploitation avec la mise en route d’un puits artésien “pour être moins dépendants de l’eau de la ville”, et réduire la facture. A ce jour, l’ambition du couple se poursuit pour améliorer les conditions de travail et consacrer du temps à la vie de famille. Le logement des vaches va être étudié pour remplacer l’aire paillée “peut-être par des logettes”. Le stockage des effluents sera revu pour éviter de “pailler l’aire d’exercice tous les jours à cause des pentes inversées”. Une aire bétonnée va être aménagée sous les cases à veaux avec récupération des jus. Autre objectif à terme, développer la vente directe de yaourt aux portes de Laval.

Réduire les coûts fourragers


Coté performance de l’élevage, c’est le discret Jérôme qui prend la parole. “On pratique le génotypage sur 100 % des génisses et on utilise des semences sexées sur toutes celles qui sont bien indexées au niveau fertilité.” Les jeunes animaux sont conduits en bâtiment jusqu’à l’IA, avec accès à un parcours. L’âge moyen au vêlage est de 26 mois. Les génisses reçoivent une ration sèche de paille et concentrés jusqu’à six mois, puis de foin et concentrés. Les laitières sont en ration semi-complète, équilibrée à 30 kg de lait : 14,3 kg de maïs ensilage, 2,2 kg d’ensilage RGI, 2,2 kg de luzerne fibre déshydratée, et 2,6 kg de soja. La ration est complétée individuellement à l’auge. Son efficacité est de 1,37 litre produit par kilo de matière sèche ingéré. Au printemps, les laitières pâturent au fil, déplacé deux fois par jour. “Elles sont huit mois dehors.

La production est aujourd’hui de 9 255 kg/VL. “On a gagné 1 000 l de lait par vache grâce à la luzerne et à l’automotrice.” Avec 152 euros de coût alimentaire pour 1 000 l de lait et une marge brute de 214 euros, les exploitants cherchent à réduire les coûts fourragers. “La marge brute est moyenne car on est trop extensif, 1,4 UGB/ha,explique Sonia. On a des prairies naturelles éloignées dans lesquelles on ne fait qu’une seule coupe”. Le projet pour ces surfaces de SFP dont l’élevage n’a pas vraiment besoin : drainer et mettre en culture de vente ou élever des bœufs.

Et si l’expérience était à refaire ? “On n’a pas de regrets même si on ferait certaines choses différemment. En installation après un tiers, on a beau visiter, on ne vit pas sur l’exploitation pour se rendre compte. Avec le recul, on aurait dû caler des investissements plus tôt. Maintenant on est figés avec le PDE.

Sabine Huet

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Sabine Huet

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25 septembre 2020 - N° 39
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